Covid-19 : l’ARN du virus peut-il s’insérer dans notre génome ?

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Une étude récente affirme que l’ARN du coronavirus peut s’intégrer dans l’ADN humain, étude rapidement démentie par une seconde, assurant elle qu’il s’agit d'une conséquence accidentelle et non significative du séquençage. Qu’en est-il réellement ? Sciences et Avenir a interrogé les chercheurs impliqués dans ces travaux.

Du Sars-CoV-2 dans nos gènes ? C’est l’effrayante possibilité avancée par une étude du MIT américain, par le chercheur Rudolf Jaenisch, un expert en génétique et épigénétique très respecté dans son domaine. Cette recherche a mis en évidence des anomalies génétiques lors du séquençage du virus chez des personnes infectées : des hybrides où l'ARN du virus se mélange avec le matériel génétique humain, que les scientifiques qualifient de "chimères". L'équipe de Jaenisch arrive donc à la conclusion que des bouts de l’ARN du virus pourraient s’insérer dans le génome de ces personnes (créant lesdites chimères), ce qui pourrait être à l’origine des formes longues du Covid-19.

Mais à peine une semaine après sa publication, une de l’Institut américain de la santé (NIH), en collaboration avec l’université Purdue et l’université du Michigan (Etats-Unis), est venue contrer ces résultats. Ces 3 équipes affirment que ces chimères sont simplement des artefacts - autrement dit des conséquences accidentelles et non significatives du séquençage - causés par les techniques de séquençage et qu’il est très peu probable que l’ARN du coronavirus puisse s’intégrer dans notre génome.

Pour mieux comprendre cet imbroglio, Sciences et Avenir a interrogé les chercheurs ayant dirigé ces quatre études : Rudolf Jaenisch du MIT, qui croit donc à l'intégration de l'ARN du coronavirus dans l'ADN humain, et les chercheurs opposés à cette hypothèse : Ben Afzali (expert en immunorégulation au NIH), Christiane Wobus (virologue spécialisée dans les interactions entre Sars-CoV-2 et l’humain à l’université du Michigan) et Majid Kazemian (expert en séquençage à haut niveau à l’université Purdue). Même s’ils diffèrent encore sur cette potentielle intégration génétique, ils tombent tous d’accord sur une autre question d’une haute importance : il est extrêmement invraisemblable que la même chose puisse arriver avec l’ARN des vaccins de Pfizer et Moderna. Voici les réponses des scientifiques, qui ont répondu in[...]

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