Johnson & Johnson retarde le déploiement de son vaccin en Europe, «en pause» aux États-Unis

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Le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson a indiqué ce mardi avoir décidé « de retarder le déploiement » de son vaccin unidose contre le Covid-19 en Europe après la décision des autorités sanitaires américaines de recommander « une pause » dans son utilisation aux États-Unis.

Les autorités sanitaires américaines recommandent « une pause » dans l'utilisation du vaccin contre le Covid-19 de Johnson & Johnson, afin d'enquêter sur l'apparition de cas graves de caillots sanguins chez plusieurs personnes aux États-Unis. Six femmes ont en effet développé des thromboses après avoir reçu le vaccin. L’une d’entre elle est décédée, une autre est hospitalisée dans un état grave, rapporte notre correspondante à Washington, Anne Corpet.

L’agence fédérale des médicaments se veut néanmoins rassurante. « Près de sept millions de doses de ce vaccin ont déjà été administrées sur le territoire américain et ce type d’effet secondaire apparait extrêmement rare », ont précisé les autorités sanitaires. La FDA n’ordonne pas l’arrêt de l’administration du vaccin Johnson & Johnson, elle le recommande seulement.

Le groupe pharmaceutique américain fait valoir qu’aucun lien formel n’a encore été établi entre l’administration de son vaccin et l’apparition de ces caillots sanguins, mais annonce qu’il va retarder le déploiement de son produit en Europe. Johnson & Johnson « est en train d'étudier ces cas avec les autorités européennes de santé », indique le groupe dans un message transmis à l'AFP, sans donner plus de détails sur l'ampleur du report du déploiement en Europe.

L'Agence européenne des médicaments (EMA) avait annoncé vendredi examiner un lien possible entre le vaccin de Johnson & Johnson et des cas de caillots sanguins. Son homologue américaine avait alors affirmé ne pas avoir établi de lien de causalité à ce stade entre la formation de caillots et l'injection du vaccin.

La Maison Blanche rappelle de son côté que le vaccin Johnson & Johnson ne représente que 5% des doses administrées aux États-Unis et estime que la pause demandée par les autorités sanitaires n’aura pas d’impact significatif sur la campagne de vaccination massive en cours. Elle risque néanmoins de renforcer la méfiance vis-à-vis du vaccin contre le coronavirus.