Covid-19: les Italiens deviennent-ils plus résilients ?

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On les dit indisciplinés, allergiques au sens du bien commun. Mais les Italiens peuvent vite apprendre à respecter les règles. Ils ont été les premiers Occidentaux frappés par la pandémie de coronavirus et les premiers en Europe à devoir rester confinés chez eux. Depuis, une bonne partie accepte les tours de vis du gouvernement, au nom de la vie.

de notre correspondante à Rome,

Face à une forte résurgence de l'épidémie de Covid-19 en Italie, le gouvernement de Giuseppe Conte a imposé de nouveaux sacrifices pour éviter un autre confinement général. Comment réagit la population ? Les mesures restrictives et les gestes barrières sont globalement bien respectés. On porte le masque, même les enfants, on évite les baci-baci, et pour un peuple aussi tactile, ce n'est pas facile ! On veille à la distanciation, en tout cas là où c’est possible.

Les derniers chiffres du ministère de l'Intérieur indiquent que sur 69 000 personnes contrôlées en 24 h, 352 ont été verbalisées. C'est une moyenne qui démonte le cliché selon lequel tous les Italiens sont indisciplinés. Il est vrai aussi que les amendes sont salées : de 400 à 1 000 euros.

Les jeunes Italiens prennent l'épidémie au sérieux

Les jeunes se montrent-ils collaboratifs ou peinent-ils à respecter les règles, par exemple les interdictions d’attroupements autour des terrasses des cafés, sur les places ? Selon une étude récente sur le comportement des Italiens réalisée par l’Institut Ipsos, les établissements scolaires font partie des lieux où les règles de prévention sont les mieux expliquées et appliquées. Quelque 59 % des 18-24 ans prennent très au sérieux le risque de contagion et ne baissent plus la garde, comme cela s'est produit durant l’été.

En revanche, la majorité des actifs de 30-40 ans ont une position assez ambiguë : entre l’envie trop pressante de retour à la normalité et le désir d'être plus clairement informés. Parmi les nouveaux positifs, la moyenne d'âge est de 43 ans. Quant aux plus de 50 ans, très marqués par les drames de la première vague, ils sont prudents, résistants, dans le sens où ils cultivent d'autres formes de sociabilité, d'autres moyens de tisser des liens. Ce sont les phares de la résilience en Italie.

Peur collective

Comment expliquer cet état d'esprit de résilience ? D'après le psychiatre et sociologue Paolo Crepet, les Italiens réalisent qu'ils sont plus vulnérables qu'ils ne le pensaient. La peur collective va de pair avec des efforts communs pour surmonter les épreuves, pour réfléchir à ce qui doit changer afin de sauvegarder le futur. La particularité de l’Italie, c’est aussi sa situation démographique : sur 60 millions d'habitants, 22 % sont âgés de plus de 65 ans et le taux fécondité, soit 1,29 enfant par femme, est un des plus bas au monde.

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