Covid-19, hommage à Samuel Paty: la rentrée scolaire suscite les critiques des enseignants

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Tous les élèves des écoles, collèges et lycées de France reprennent les cours ce lundi 2 novembre, dans le cadre d'un protocole sanitaire renforcé, et observeront une minute de silence à 11h en hommage à l'enseignant Samuel Paty assassiné à Conflans-Sainte-Honorine.

Plusieurs nouvelles mesures sanitaires seront appliquées dans les établissements français à l'issue des congés de la Toussaint pour lutter contre la propagation du coronavirus, alors que la France est entrée vendredi dans une nouvelle phase de confinement généralisé.

Le port du masque obligatoire sera étendu aux élèves de l'école élémentaire, à partir de six ans, comme l'avait annoncé jeudi le Premier ministre Jean Castex. La ventilation des locaux sera renforcée et systématique, avec une aération complète au minimum toutes les deux heures, a également précisé le ministre Jean-Michel Blanquer dans une lettre au personnel de l'Éducation nationale. Les règles visant à limiter le brassage des élèves seront également renforcées, a-t-il ajouté.

Minute de silence pour Samuel Paty

Une minute de silence sera également observée à 11h après lecture de
la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs, lors d'un hommage à Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie assassiné près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre après avoir montré des caricatures de Mahomet dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression.

Cet hommage pourra être précédé d'un « temps pédagogique » autour des valeurs de la République et de son école. Ce temps pourra se tenir tout au long du mois de novembre afin de laisser aux professeurs qui le souhaitent le temps
nécessaire pour préparer cette séquence, a ajouté le ministre de l'Education nationale.

Les enseignants furieux

Mais ces mesures suscitent la colère de beaucoup d'enseignants. En raison de la situation sanitaire, c'est finalement un hommage bref qui sera rendu à Samuel Paty, contrairement à ce qui était prévu initialement. « On a le sentiment qu'on ne pourra rendre à notre collègue, l'hommage plein et entier qui lui est dû. Il était notamment prévu entre 8h et 10h que les équipes puissent échanger et faire part des réactions émotionnelles qui étaient les leur et puis voir si certains se sentaient à même de prendre les élèves ensuite pour essayer de dialoguer avec eux sur les questions de laïcité et su les questions de valeur de la République... Or là, tout cela ne pourra pas se faire, on se contente d'une minute de silence », déplore Frédérique Rolet, secrétaire générale du syndicat SNES-FSU.

Le nouveau protocole sanitaire suscite aussi beaucoup de critiques du corps enseignant. « Nous on demande au ministre de mettre en place le plan de continuité pédagogique qui permet d’alléger les groupes en les divisant par deux pour permettre la distanciation physique des élèves et un non brassage des groupes d’élèves au moment où il y a le plus de circulation, c’est-à-dire la rentrée des élèves le matin à l’école, les récréations, le temps de restauration le midi où quand on a deux fois moins d’élèves, c’est beaucoup plus facile d’organiser les choses », explique la porte-parole du syndicat des professeurs des écoles Snuipp, Guislaine David.

Un avis partagé par le collectif d'enseignants Les Stylos Rouges qui jugent les mesures sanitaires prises par le gouvernement beaucoup trop laxistes et qui appelle sur Twitter à la démission du ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer.

Certains enseignants rappellent également que leur mission est difficile déjà en temps normal et que les formations sont insuffisantes pour apprendre à gérer une classe et à s’adresser aux élèves dans une situation de crise.