Covid-19: dans le Haut-Rhin, chaque vaccination compte pour combler le retard

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Un soignant attend un volontaire pour le vacciner dans le Vacci'Mouv, un camion transformé en centre de vaccination à Kingersheim, en Alsace le 3 septembre 2021 (AFP/SEBASTIEN BOZON)

Le Haut-Rhin avait été violemment touché par les débuts de l'épidémie de Covid-19 et, dix-huit mois plus tard, il se distingue de nouveau des départements voisins par une circulation plus active du virus, d'où la multiplication des efforts pour rattraper un relatif retard dans la vaccination.

"Il y a des fois où l'on n'a pas envie de se distinguer...", soupire Pierre Lespinasse, délégué territorial de l'Agence régionale de Santé (ARS) Grand Est, à l'entrée du Vacci'Mouv, un dispositif itinérant de vaccination qui sillonne parkings et parvis du Haut-Rhin depuis début août.

Si la tendance est à l'amélioration depuis quelques jours, le département alsacien reste néanmoins la lanterne rouge du Grand Est, avec un taux d'incidence de 197,9 cas positifs pour 100.000 habitants, selon les données publiées vendredi, atteignant 291,6 dans l'agglomération de Mulhouse, contre 120,3 pour l'ensemble de la région et 160,6 au niveau national.

Le taux de vaccination complète est également le plus faible des dix départements du Grand Est, à 63,3% contre 70,2% et 71,6% respectivement pour ses voisins du Bas-Rhin et des Vosges.

"Pourquoi le Haut-Rhin ? Personne ne se l'explique", estime M. Lespinasse, rappelant néanmoins que Mulhouse "coche les cases de proximité et de promiscuité", favorables à la circulation du virus.

"Aujourd’hui, les contaminations se passent dans les familles, c'est cela qui fait le taux d'incidence plus élevé à Mulhouse notamment, puisque c'est une population plus jeune, un peu plus précaire, avec une promiscuité plus grande", avance le Dr Frédéric Tryniszewski, président de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de l'agglomération mulhousienne.

- Pas d'explication unique -

"On ne trouve pas une explication unique", ajoute Alain Charrier, sous-préfet de Mulhouse, évoquant aussi les importants brassages de population dans cette zone frontalière de l'Allemagne et de la Suisse.

Si les manifestations anti-pass sanitaire rassemblent relativement plus de monde à Colmar et Mulhouse qu'à Strasbourg, Metz ou Epinal, le port du masque, de nouveau obligatoire dans le centre-ville de Mulhouse, est respecté et il y a "très peu de verbalisations" lors des contrôles d'application du pass sanitaire, souligne le sous-préfet.

Abattu lors de la première vague, avec une diffusion du virus accélérée par un important rassemblement évangélique à Mulhouse, le Haut-Rhin avait d'ailleurs fait figure de bon élève lors des deuxième et troisième vagues de l'épidémie.

Mais si la circulation du virus apparaît plus active pour cette 4e vague, le nombre d'hospitalisations en soins intensifs (23 personnes selon les dernières données disponibles) est largement inférieur à celui du début de l'épidémie. "On voit bien que l'impact sanitaire est atténué avec la vaccination", en conclut Pierre Lespinasse.

D'où l'objectif actuel de "joindre nos compatriotes qui ne sont pas vaccinés par tous les moyens", explique Alain Charrier.

- Endroits de passage -

Avec le Vacci'Mouv, imposant camion blanc transformé en centre de vaccination mobile, différent du bus qui était allé au printemps à la rencontre des personnes âgées, "l'idée est d'être visible dans des endroits de passage pour que les gens se disent: +Allez, j'en profite !+", explique Pierre Lespinasse.

Comme ce lundi à proximité d'un lycée à Saint-Louis ou vendredi dernier sur le parking d'une zone commerciale de Kingersheim, au nord de Mulhouse. Le Vacci'Mouv devrait poursuivre son itinérance jusqu'à fin novembre.

A l'intérieur, devant l'un des quatre box de vaccination, Mohamed, 40 ans, attend sa première dose de vaccin. Cet employé des travaux publics est venu avec son patron à la fin de leur journée de travail. "Mon collègue voulait le faire depuis un moment, mais il ne connaissait pas trop les démarches. Ce matin, on a entendu à la radio qu'il y avait le camion ici et comme c'est sur notre trajet, je lui ai dit: +Si tu veux, ce soir, on peut passer+", raconte Joffrey, 33 ans, encore en tenue de travail.

"Jamais malade", Mohamed ne voyait pas pourquoi se faire vacciner mais "maintenant c'est obligé", explique-t-il.

Gratuit et sans rendez-vous, le Vacci'Mouv a réalisé en moyenne 140 vaccinations par jour.

"On n'est pas dans des chiffres énormes (...) mais on touche le public que l'on recherche: des gens qui ne seraient pas allés au centre de vaccination en faisant la démarche d'eux-mêmes", met en avant le Dr Tryniszewski.

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