Covid-19: la gestion des vaccins source de crispation en Europe

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Les tensions s’accumulent autour des vaccins en Europe et on en arrive à un point où la solidarité européenne commence à se fissurer. C’est en particulier le cas avec les déclarations du chancelier Autrichien Sebastian Kurz qui dénonce un grand bazar dans la répartition des doses entre les pays de l’UE, certains en ont beaucoup plus que d’autres selon lui.

Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet

Sebastian Kurz formule des reproches de deux ordres. Il y a d’abord des critiques et ensuite des accusations. Sa critique de base, c'est que les livraisons de vaccins ne correspondent pas à ce que l’Union européenne avait promis.

Selon le chancelier autrichien, les doses de vaccin ne sont pas du tout réparties au prorata de la population. Et il accuse aussi sans les nommer certaines capitales d’aller négocier secrètement des contrats avec les laboratoires, en dehors de l’accord d’achat préalable signé avec des laboratoires par la Commission européenne.

La Commission européenne rappelle que lorsqu’un accord d’achat préalable européen est signé avec un laboratoire – il y en a pour l’instant six – il ne peut plus conclure aucun autre accord séparé avec un pays de l’UE. Avec les autres laboratoires, aucun problème, on peut très bien conclure un accord avec des producteurs chinois ou russes par exemple.

En revanche, la critique de Sebastian Kurz sur l’aspect bazar ou négociation de marchands de tapis de la répartition n’est pas infondée, même si elle est jugée ici incompréhensible.

C’est le fonctionnement que les Européens ont choisi en toute connaissance de cause au sein de ce qui s’appelle le « comité de pilotage ». Une fois qu’un stock de vaccins est disponible, chaque État membre doit se prononcer, c’est-à-dire annoncer aux autres s’il va ou non acheter les doses auxquelles il a droit au prorata de sa population.

Il arrive qu’un pays ne prenne pas la totalité de ce qui lui est alloué, en fonction de sa capacité à administrer ou non les vaccins. Un autre pays peut alors demander à acheter plus que ce qui est prévu