Covid-19 en France: la région parisienne pourrait être reconfinée, selon le Premier ministre

·3 min de lecture

Selon le Premier ministre français Jean Castex, le « moment est venu pour envisager des dispositions pour la région parisienne » où « les données sont réunies » pour un éventuel reconfinement, a-t-il affirmé lors d'un entretien sur BFMTV mardi 16 mars. Face à la polémique autour du vaccin anti-Covid-19 d’AstraZeneca, il s’est également dit prêt à en recevoir une dose pour rétablir la confiance.

« On est dans une situation préoccupante et critique et, très clairement, des mesures du type de celles auxquelles on a eu recours dans les autres parties du territoire sont sur la table ce soir », a-t-il ajouté. Le Premier ministre faisait référence aux confinements mis en place le week-end dans les agglomérations de Nice, Dunkerque et le Pas-de-Calais.

« Incontestablement, on est sur un point d'équilibre extrêmement précaire », a-t-il insisté, tout en relevant que la « décision » d'un éventuel reconfinement n'était pas encore formellement prise.

Un Conseil de défense est toutefois convoqué mercredi 17 mars au palais de l'Élysée et pourrait acter de nouvelles mesures pour l'Île-de-France, où les services de réanimation sont saturés.

Un an après la mise en place du premier confinement national, la circulation du virus, marquée par la propagation du variant anglais plus contagieux, ne ralentit pas dans la région parisienne, la plus peuplée du pays avec 12 millions d'habitants. Le taux d'incidence a de nouveau grimpé à 418 nouveaux cas de contamination pour 100 000 habitants sur les sept derniers jours dans la région, bien au-dessus du seuil dit d'« alerte maximale » des autorités sanitaires (250) qui a lui été dépassé au niveau national.

De plus, un nouveau variant du coronavirus SARS-CoV2 a été détecté en Bretagne, a annoncé la Direction générale de la santé (DGS), précisant que des investigations étaient en cours pour en évaluer la transmissibilité et la sévérité.

Pour rétablir la confiance sur AstraZeneca, Castex se fera vacciner en cas de reprise

Cette aggravation de la situation survient à un moment critique : la suspension du vaccin d'AstraZeneca en France, comme chez ses voisins européens, a mis un coup de frein à la campagne de vaccination, alors que l'épidémie a encore fait 320 morts mardi dans le pays et provoqué l'entrée de 435 nouveaux malades en réanimation.

Avant une réunion spéciale jeudi 18 mars, l'Agence européenne du médicament (EMA) a réaffirmé qu'elle restait « fermement convaincue » des bénéfices du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, malgré le signalement de problèmes sanguins détectés chez des personnes vaccinées, tels que des difficultés à coaguler ou la formation de caillots (thrombose).

Jean Castex a par ailleurs annoncé qu'il se ferait vacciner « très rapidement » si la suspension d'AstraZeneca était levée. Selon lui, ce vaccin est « utile, même et surtout pour les formes graves de la maladie ».

« Jusqu'à présent, je m'étais fixé une ligne de conduite, c'est-à-dire me faire vacciner quand mon tour viendra, pas de passe-droit », a déclaré M. Castex, âgé de 55 ans et qui ne déclare « pas de co-morbidité connue ». « Mais compte tenu de ce qui vient de se passer pour AstraZeneca, je me suis dit effectivement qu'il serait judicieux que je me fasse vacciner très rapidement (...) pour montrer à mes concitoyens que la vaccination, c'est la porte de sortie de cette crise et qu'on peut y aller en toute sécurité », a-t-il poursuivi.

Interrogé sur l'avis que doit rendre jeudi 18 mars l'Agence européenne des médicaments (EMA) au sujet du vaccin AstraZeneca, le Premier ministre a dit avoir la « conviction » qu'il « sera positif ». Après avoir injecté en France 1,3 million de doses d'AstraZeneca, « je pense donc que les deuxièmes doses pourraient être administrées et que nous pourrons retrouver une pleine confiance dans ce vaccin », a-t-il plaidé.

(Avec AFP)

À lire aussi : Covid-19: un nouveau variant breton «à suivre»