Covid-19: la France piégée depuis trois mois par une stratégie en roue libre

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Aujourd'hui, nous avons besoin d'un gouvernement qui nous dise où il va et comment il compte s'y prendre. Le président a enfin parlé. Après des semaines d'attente, de déclinaisons de «cinquante nuances» de mesures de «freinage», de tergiversations, de «on dit» et de rumeurs, Emmanuel Macron s'est exprimé à 20h, le 31 mars, pour annoncer de nouvelles restrictions (ne dites plus «confinement»). Alors que les contaminations journalières dépassent désormais les 50.000 par jour et les décès 300, que les services de réanimation sont saturés, que l'on parle de transferts interrégionaux des malades, les annonces du président nous laissent un goût d'infinitude et de «tout ça pour ça». Si les deux décisions de fermer les établissements scolaires et la restriction de la mobilité étendue à tout le territoire apparaissent essentielles, reste que cette intervention nous semble relever de la procrastination, d'une certaine approximation, et d'un manque flagrant d'anticipation alors que la situation actuelle relève de tout, sauf d'une surprise. Aujourd'hui, nous manquons non seulement d'objectifs chiffrés –ce bottage en touche sur les chiffres a été répété le 1er avril par Olivier Véran sur France Inter, mais aussi de contextualisation des mesures. Nous faisons également le constat d'un manque malheureux d'empathie. À LIRE AUSSI Face au troisième confinement, ces stratégies sont une porte de secours mental La stratégie du «vivre avec» Comment entendre le fait qu'Emmanuel Macron enjoigne les soignants à travailler davantage, à se remobiliser, à pousser les murs alors qu'ils sont déjà épuisés? Comment accepter le peu de considération apportée aux familles endeuillées, aux personnes hospitalisées et à celles qui sont diminuées par un Covid long? Comment encore concevoir l'absence de prévisions en matière d'aides et... Lire la suite sur Slate.fr.