Covid-19 en France: Olivier Véran, ministre de crise

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En France, Olivier Véran a été nommé il y a un an au ministère de la Santé et des Solidarités. Remplaçant au pied levé d'Agnès Buzyn, il est entré sans transition dans la gestion d'une crise sanitaire qui dure toujours.

Olivier Véran ne s'arrête jamais. Et pour cause, depuis un an, il est en première ligne dans la gestion d'une crise sanitaire inédite. « Il a une vie de merde », glisse-t-on dans l'entourage du Premier ministre.

Mais il n'a pas vraiment eu d'autre choix que de se dédier immédiatement « 100 % » à sa tâche car il est arrivé sur fond de polémique autour du départ d'Agnès Buzyn accusée d'abandonner le navire Santé au pire moment pour tenter l'aventure électorale aux municipales à Paris, en remplacement de Benjamin Griveaux impliqué dans un scandale sexuel.

« Il s'est très vite imposé »

Député depuis 2012, médecin, Olivier Véran a été choisi car il était immédiatement opérationnel. Et il ne sort pas de nulle part. Dans l’exécutif, on explique qu’il avait été « identifié dans la précédente législature comme une figure montante ». Il faisait partie des députés socialistes qui voyaient Emmanuel Macron lorsqu’il n’était encore que ministre de l'Économie et préparait la création d’En Marche. Il était même dans l’appartement privé à Bercy le soir où Emmanuel Macron a décidé de quitter le gouvernement, croit se souvenir un proche du chef de l’État. Résultat : « Il s'est très vite imposé. »

Un conseiller du président en prend acte : « Il n'y a pas de doute sur son investissement... Les relations avec le président sont assez fluides... Il échange des SMS en direct avec lui ». Le son de cloche est le même du côté de Matignon. Il s’entend très bien avec Jean Castex et fait partie des ministres qui le voient en « physique ».

Olivier Véran, lui, se réjouit que « le président et le Premier ministre soient toujours alignés » et qu’il ne soit pas obligé « de se rouler par terre » pour obtenir des arbitrages. Il défend la ligne sanitaire et à l’Élysée, on estime que c’est son rôle. Une manière d’évacuer les rumeurs de dissensions sur certaines décisions comme celle de ne pas reconfiner.

« Joli thorax »

Olivier Véran est devenu un ministre incontournable et médiatique. « C’est un vrai politique », estime un cadre la majorité, « il sait porter les sujets sur les plateaux télé ». Il sait aussi se mettre en scène comme quand il s'est fait vacciner publiquement en dévoilant son épaule et son torse.

Ce qui lui a valu beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux et des taquineries dans son camp : « beau gosse... musclé ». Roselyne Bachelot l’a même surnommé « joli thorax ». Certains évoquent aussi ses défauts : « Il peut être poseur... méprisant… avec un petit air de donneur de leçons ». Peut-être le revers de la médaille de son ambition.

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