Covid-19 en France : "Ni confinement ni allègement des restrictions pour l'instant", annonce Castex

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Pas de nouvelles mesures, mais des consignes de prudence contre le Covid-19. À la veille des vacances d'hiver en France, le Premier ministre a, lors du point sanitaire hebdomadaire, jeudi, renouveler ses appels à la prudence et écarté un confinement à ce jour, sauf pour Mayotte.

La traditionnelle conférence de presse consistait surtout à dresser "un bilan des mesures de freinage" contre l'épidémie de Covid-19. C'est dans cette optique que Jean Castex s'est exprimé, jeudi 4 février, à la veille des vacances scolaires d'hiver. Le chef du gouvernement a renouvelé les appels à la prudence et à la vigilance, tout en affirmant qu'un reconfinement général n'était pas encore d'actualité.

"La situation ne justifie pas à ce jour" un nouveau confinement, a indiqué Jean Castex, une mesure qui " ne peut s'envisager qu'en tout dernier recours". Il a également affirmé que l'exécutif n'hésiterait "pas à prendre (ses) responsabilités" en cas de "dégradation forte et rapide" des indicateurs sanitaires.

Le Premier ministre a souligné que "la circulation du virus n'a pas sensiblement augmenté au cours des deux dernières semaines" et que "le taux de positivité des tests reste globalement stable" et inférieur à ce qu'il était en octobre, avant le deuxième confinement.

L'exécutif avait renoncé, en fin de semaine dernière, à imposer un troisième confinement, mais a renforcé les mesures qui s'ajoutent au couvre-feu à 18 h en vigueur depuis bientôt trois semaines, avec un durcissement des contrôles aux frontières notamment et la fermeture des grandes surfaces commerciales (plus de 20 000 mètres carrés). De plus, les bars, restaurants et lieux culturels sont toujours fermés depuis la fin du mois d'octobre.

Moins d'une semaine plus tard, Jean Castex a jugé que cette stratégie "graduée" avait "permis de garder encore aujourd'hui le contrôle de l'épidémie tout en préservant au mieux la vie sociale et économique", avec une baisse d'activité d'environ 4 % par rapport à la normale.

Alors que les vacances d’hiver commencent vendredi 5 février pour la zone A, Jean Castex a prévenu que "l'heure n'est pas au relâchement de nos efforts". "Nous devons éviter tout relâchement. Comme vous l'avez fait à l'occasion des fêtes de fin d'année, je vous invite à la plus grande prudence durant ces congés, pour celles et ceux d'entre vous qui pouvez en prendre", a-t-il affirmé.

Mayotte reconfinée

Le gouvernement a toutefois ordonné un reconfinement généralisé pendant au moins trois semaines à Mayotte, île "durement frappé par le variant sud-africain", a expliqué M. Castex. Il a rappelé que les déplacements Outre-mer sont interdits sauf "motif impérieux".

Bien qu'il ait reconnu que les variants du virus "sont déjà présents sur notre territoire, et progressent en termes de diffusion", M. Castex a écarté pour l'instant un reconfinement ailleurs qu'à Mayotte. Les chiffres sont "certes élevés mais relativement stables" avec "une moyenne de 1 600 nouvelles hospitalisations et de 320 personnes décédées", a-t-il souligné.

La France fait toutefois face à un "nouveau risque" avec l'arrivée sur son territoire de nouveaux variants du coronavirus plus contagieux, qui représentent environ 14 % des nouvelles contaminations aujourd'hui contre 3,3 % le 8 janvier, a dit Jean Castex.

Le vaccin Astrazeneca administré à partir de samedi

Le gouvernement place aussi ses espoirs dans l'arrivée d'un troisième vaccin, celui d'AstraZeneca, dont les premières injections devraient commencer dès ce samedi, a annoncé Jean Castex.

L'arrivée de ce vaccin, que la Haute Autorité de santé recommande d'administrer en priorité au personnel soignant et aux personnes de 50 à 65 ans, va permettre d'accélérer la campagne de vaccination et d'atteindre l'objectif de 4 millions de personnes ayant reçu au moins une première injection d'ici fin février, a-t-il précisé.

D'ici avril, une vaccination aura été proposée à toutes les personnes de plus de 75 ans volontaires et aux personnes de moins de 75 ans avec comorbidité grave, a détaillé Jean Castex. L'objectif reste de proposer la vaccination à toutes les personnes de plus de 65 ans d'ici fin mai et d'avoir couvert tous les Français adultes d'ici la fin de l'été, a-t-il dit.

Vaccins : 1,7 million de rendez-vous supplémentaires

Le Premier ministre a également annoncé 1,7 million de rendez-vous supplémentaires pour la première injection du vaccin contre le coronavirus, lors de sa conférence de presse. "Je peux vous annoncer que nous allons ouvrir dans les prochains jours 1,7 million de rendez-vous supplémentaires pour des premières injections", a affirmé M. Castex, en réponse à "l'angoisse des plus de 75 ans qui n'ont pas encore obtenu un rendez-vous".

À partir de ce vendredi, 500 000 rendez-vous pour fin février seront ainsi ouverts. Pour le mois de mars, 1,2 million seront ouverts dès le milieu de la semaine prochaine.

Télétravail "impératif" "partout où c’est possible"

En appelant à "la mobilisation des Français", le chef du gouvernement a martelé que "télétravailler partout où c'est possible devient impératif" pour lutter contre le Covid-19, regrettant que depuis la fin de l'année le recours à cette mesure se soit réduit. "Il y a encore trop d'entreprises où le télétravail serait possible mais n'existe pas du tout ou à des niveaux très faibles", a déploré le Premier ministre, en invitant les administrations publiques à "montrer l'exemple".

La ministre du Travail, Élisabeth Borne, était également présente afin d'insister sur le recours à cette pratique.

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Avec AFP et Reuters