Variant du Covid-19 : un cluster détecté dans les Bouches-du-Rhône, le couvre-feu avancé à 18 h

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Après la découverte d'un cluster de porteurs du variant britannique du coronavirus, le préfet des Bouches-du-Rhône a confirmé samedi que le couvre-feu dans le département serait avancé à 18 h à partir de dimanche.

Malgré l'opposition des élus locaux, le préfet des Bouches-du-Rhône a confirmé, samedi 9 janvier, que le couvre-feu dans le département serait avancé à 18 h à partir de dimanche, après la découverte notamment d'un cluster de porteurs du variant britannique du Covid-19.

"Cette décision est en particulier justifiée par la détection d'un cluster familial élargi dans le département avec une souche du variant issu du Royaume-Uni", écrit le préfet Christophe Mirmand dans un communiqué. Sur 46 personnes contacts, 21 ont été testées positives.

Un peu plus tard, le maire PS de Marseille, Benoît Payan a précisé que ce cluster se trouvait dans sa ville et s'est dit prêt dans un communiqué à déployer immédiatement 40 marins-pompiers. "Il nous faut désormais agir très vite pour endiguer la propagation de cette forme mutante et virulente de la Covid-19", a ajouté l'élu.

Globalement, la situation reste "particulièrement préoccupante" dans les Bouches-du-Rhône, avec un taux d'incidence supérieur à 225 pour 100 000 habitants, ajoute le préfet.

En déplacement à Tarbes (Hautes-Pyrénées), le Premier ministre Jean Castex a défendu des "mesures difficiles mais nécessaires" face à une "épidémie (qui) ne faiblit pas, ou qui se renforce dans certaines zones du territoire".

Couvre-feu avancé dans dix nouveaux départements

Outre les Bouches-du-Rhône, l'avancement du couvre-feu à 18 h va s'appliquer à partir de dimanche dans sept autres départements : le Cher, l'Allier, la Côte-d'Or, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, ainsi que le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence, ont annoncé samedi les préfectures concernées.

Le Var et la Drôme, qui ne faisaient pourtant pas partie des départements envisagés, ont également annoncé la mise sous cloche à 18 h, mais à compter de mardi seulement. En cause : une "aggravation brutale de la circulation du virus", a-t-on expliqué à Matignon. La préfecture de la Drôme souligne notamment que le taux de positivité, qui mesure le pourcentage de personnes testées positives au Covid-19 sur l'ensemble des personnes testées, est le plus élevé de la région Auvergne-Rhône-Alpes (9,4 %).

Tous ces départements rejoindront les quinze autres, principalement de l'est de la France, qui sont déjà soumis à un couvre-feu avancé depuis une semaine, tandis que le reste du territoire le maintient à 20 h.

Mécontentement à Marseille

Vendredi soir, des élus des Bouches-du-Rhône de tous bords s'étaient vigoureusement opposés à cette mesure, dénonçant une décision "verticale" et s'interrogeant sur son utilité. À Marseille, faisant fi des clivages politiques, la mairie, à gauche, et la région, à droite, ont dénoncé d'une même voix l'avancement du couvre-feu.

"En réalité, nous appliquons à Marseille les mêmes critères que nous appliquons ailleurs, a souligné Jean Castex lors d'un déplacement à Tarbes. Chacun a conscience que l'épidémie ne faiblit pas ou qu'elle se renforce au contraire différemment dans certaines zones du territoire. C'est la raison pour laquelle, depuis quelques jours, nous avons souhaité un effet anticipé de l'heure de démarrage du couvre-feu. Donc ça sera le cas dans huit départements supplémentaires."

Même tonalité du côté du président des maires du Vaucluse, Jean-François Lovisolo. "On est très réservés sur l'utilité d'une telle mesure sur le plan sanitaire dans les zones péri-urbaines et rurales du département, a-t-il déclaré à l'AFP. À 18 h, la population à risque est déjà chez elle et on va mettre en difficulté les commerçants, les restaurants qui font de la vente à emporter, les stations-service, les boulangeries."

"Cap symbolique des 100 000 Français vaccinés dans le week-end"

Samedi, Jean Castex a également défendu une nouvelle fois la stratégie vaccinale du gouvernement, critiquée pour sa lenteur. "L'objectif est d'aller vite" mais aussi "de le faire dans des conditions de sécurité absolument irréprochables", a-t-il dit, assurant avoir constaté que le "taux d'adhésion" à la vaccination "augmente", alors que la France est l'un des pays les plus sceptiques face aux vaccins contre le Covid-19.

Le Premier ministre a insisté sur la "crédibilité de cette opération vaccinale". "Il faut qu'elle réussisse, parce que c'est elle qui nous permettra de sortir de cette grave crise sanitaire qui s'aggrave", a-t-il ajouté.

À ses côtés, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a souligné que "nous passerons probablement le cap symbolique des 100 000 Français vaccinés dans le week-end", promettant que "la semaine prochaine, le rythme augmentera encore".

Avec AFP