Covid-19 en France: le gouvernement souffle le chaud et le froid

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Vers un confinement localisé dans la région de Nice ? L’hypothèse est sur la table. Le ministre français de la Santé Olivier Véran l’a annoncé ce samedi matin 20 février lors d’une visite sur place. Le gouvernement rendra sa décision dans les 48 heures. Le département des Alpes-Maritimes dans le sud-est de la France fait face à une flambée des cas de Covid-19. Un reconfinement territorialisé, s’il était décidé, serait un changement de pied pour l’exécutif.

Avec Julien Chavanne et Valérie Gas, du service Politique de RFI

En 24 heures, le gouvernement aura envoyé des messages contradictoires. Petit rappel. Vendredi, Emmanuel Macron s'affichait optimiste. Devant des députés, le chef de l’État fixait un cap : 8 à 10 jours avant de pouvoir - peut-être - lever certaines restrictions.

Le député En Marche Roland Lescure a participé à cet échange du président avec 17 autres parlementaires issus de LREM, du Modem et d'Agir. Emmanuel Macron, précise-t-il, a mis sur la table deux scénarios : soit on tient et on pourra envisager de « désserrer la ceinture » - ce qui ne veut pas dire « rouvrir » mais mener des expérimentations dans certains secteurs ; soit ça se dégrade et on est obligé de « resserrer la ceinture ». Et là, on verrait comment refermer « localement ou nationalement ».

C’était la première fois depuis la mise en place du couvre-feu national à 18h le 14 janvier dernier que le gouvernement laissait entrevoir une lueur d’espoir à l'heure où s'exprime beaucoup de lassitude dans la population, notamment sur la contrainte du couvre-feu plus dur à supporter avec une météo clémente.

Les bonnes nouvelles pour l'Élysée ?

Mais samedi matin, Jean Castex fait baisser la température. Dans la presse, le Premier ministre met en garde les Français avant un week-end printanier et au milieu d’une période de vacances scolaires : « L’heure n’est pas au relâchement. »

Douche froide quelques heures plus tard. Le ministre de la Santé Olivier Véran brandit la menace d’un reconfinement localisé à Nice, sans attendre le délai annoncé par le président français.

Sur le tempo, sur la tonalité des messages, le gouvernement n’arrive pas à parler d’une seule voix. Comme si l’Elysée voulait se réserver à tout prix les bonnes nouvelles, en laissant au gouvernement expliquer les mauvaises.

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