Covid-19 en France: Emmanuel Macron remonte au créneau

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Emmanuel Macron s'est invité mardi soir au journal de 20 heures de TF1 pour parler de la situation sanitaire après une réunion sur la production de vaccins en présence des industriels du secteur. Une intervention télévisée surprise pour essayer de redonner confiance aux Français.

On n'attendait pas une intervention du président de la République à la télévision, enfin on ne l'attendait plus parce que la semaine dernière lorsque l'hypothèse d'un reconfinement imminent tenait la corde, une allocution d'Emmanuel Macron avait été évoquée. Mais le chef de l'État avait choisi de ne pas reconfiner le pays et avait donc laissé la parole à son Premier ministre pour annoncer un durcissement des mesures contre le Covid-19.

Cette interview télévisée a été décidée à la dernière minute, explique l'entourage du président, car elle dépendait du résultat de la réunion qu'Emmanuel Macron avait organisée à l'Élysée en fin d'après-midi avec des représentants des grands laboratoires pharmaceutiques français et européens, tous ceux qui peuvent intervenir dans la production de vaccins. L'objectif d'Emmanuel Macron c'était de « lancer la mobilisation générale pour le vaccin » auprès des laboratoires au sens large, car il avait même convoqué les laboratoires vétérinaires.

Quel message ?

Au moment où des retards apparaissent dans l'acheminement des doses de vaccins déjà disponibles, où les rendez-vous pour vacciner les populations cibles ont parfois dû être reportés, le président de la République a essayé de mettre en valeur son volontarisme sur cette question déterminante. Il a voulu clarifier, couper court aux interrogations des Français, rassurer en montrant qu'il prenait les choses en main et donnait une impulsion sur le sujet central de la production des vaccins.

Il a aussi justifié le choix d'avoir une stratégie européenne d'approvisionnement qui a fait l'objet d'un certain nombre de critiques. En annonçant que quatre sites industriels allaient produire des doses sur le territoire national d'ici le mois de mars, il a aussi un peu rattrapé le fait qu'aucun vaccin français n'est disponible pour le moment.

En déclarant que tous les adultes qui le souhaitent pourront être vaccinés d'ici l'été, il a confirmé que l'objectif qu'Olivier Véran avait déjà fixé et qui avait suscité des interrogations était atteignable. Et puis en réaffirmant sa volonté de contribuer à mettre le vaccin à disposition dans les pays pauvres, il a montré qu'il gardait son cap sur le vaccin « bien public mondial » et la nécessaire solidarité dans la gestion de la pandémie. Un créneau sur lequel il s'est positionné très tôt.

Un président à la manœuvre

C'est un exercice de pédagogie auquel s'est livré Emmanuel Macron. Il a repris la communication en main et créé l'opportunité d'une prise de parole moins solennelle et formelle qu'une allocution traditionnelle en s'invitant dans un journal télévisé. Il a essayé d'être plus pragmatique en répondant à des questions concrètes.

La parole présidentielle a plus de poids. Emmanuel Macron espère donc convaincre qu'il est bel et bien à la manœuvre et qu'il a pris les bonnes options, qu'il une vision, un « chemin » pour reprendre un mot qu'il affectionne et qu'il prépare déjà la suite puisqu'il a évoqué la perspective de la vaccination à l'automne. Une manière de répondre à ceux qui l'accusent de naviguer à vue.

La décision de ne pas reconfiner le pays a suscité beaucoup de commentaires et parfois de critiques. Emmanuel Macron a aussi justifié ce choix, en rappelant que le niveau des contaminations reste sur un plateau élevé, aux alentours de 20 000 à 25 000 contaminations quotidiennes, mais sans explosion. Une situation qu'il explique par les décisions qui ont été prises « plus tôt » en France que dans d'autres pays. Une situation qui lui permet d'attendre dans l'espoir que la diffusion du virus restera contrôlable malgré les nouveaux variants.

Et pour y parvenir, Emmanuel Macron a fait passer son principal message en appelant les Français à la responsabilité « individuelle et collective », au respect des gestes barrières et des mesures mises en place, qu’il a assorties d’une demande: « Faites-moi confiance, j'essaierai de prendre à chaque étape les décisions les plus adaptées. »

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