Covid-19 en France : déjà en difficulté, l'hôpital se mobilise pour faire face à la seconde vague

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Déprogrammation d'opérations, annulation de congés, appel aux volontaires... Les hôpitaux déjà en difficulté s'organisent pour tenter de surmonter la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 en France.

Déjà en difficulté, l'hôpital sonne la mobilisation générale pour ne pas être submergé par la "deuxième vague" de l'épidémie de Covid-19 en France, qui s'annonce "pire que la première". "L'hôpital tourne déjà à plein alors que nous savons que nous aurons plus de malades à prendre en charge", a alerté, vendredi 23 octobre, sur RTL Martin Hirsch pour qui "l'hôpital est déjà en difficulté".

En attestent les grandes manœuvres qui s'accélèrent : l'Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France a demandé, jeudi, aux hôpitaux de la région d'armer 96 lits de réanimation supplémentaires. "Nous sommes capables de monter à 7 700 lits dans un délai de moins de 15 jours", a de son coté assuré Olivier Véran, ministre de la Santé.

Huit premiers patients ont en outre été transférés, vendredi, d'Auvergne Rhône-Alpes vers des hôpitaux de Bordeaux, Poitiers et Brive, a annoncé l'ARS de Nouvelle-Aquitaine, région plus épargnée. "Nous sommes à 30 % de déprogrammations", a expliqué Jean Pinson, directeur des hôpitaux de Saint-Denis et Gonesse, dans la banlieue nord d'Île-de-France.

"64% des lits de réanimation occupés"

Emmanuel Macron a pris également le pouls de l'hôpital, vendredi, en allant rencontrer les équipes du centre hospitalier René-Dubos de Pontoise (Val-d'Oise), au lendemain de l'annonce d'une extension des couvre-feux pour freiner la deuxième vague du Covid-19. Le chef de l'État est arrivé vers 16h30 et devait échanger pendant une heure avec des chefs de service de ce grand établissement, dont déjà 10 des 25 lits de réanimation sont occupés par des malades du Covid.

La situation sanitaire continue de se dégrader avec 41 622 nouveaux cas de Covid-19 enregistrés en 24 heures, un nouveau record, selon les chiffres publiés, jeudi, par Santé publique France. Et sur les sept derniers jours, 1 627 malades du Covid-19 ont été admis en réanimation sur 10 166 nouvelles hospitalisations.

Vendredi, à 14 h, en Île-de-France, on comptait "64 % des lits de réa occupés par des patients Covid", a tweeté le directeur de l'ARS Aurélien Rousseau, appelant la population à "déprogrammer" ses "interactions sociales".

Pour commencer, l'activité saisonnière est nettement plus importante. "Nous sommes en période automnale et, sans compter la pandémie, nos services de réanimation sont déjà quasiment pleins", a indiqué Ferhat Meziani, chef de service de médecine intensive et réanimation au CHU de la ville de Strasbourg, où on frôle désormais le seuil d'alerte maximale.

Et cette fois, l'hôpital va devoir accueillir les patients atteints du Covid mais aussi les autres. Or si respirateurs et médicaments indispensables à la réanimation (curares, hypnotiques) ont été stockés et l'organisation, la prise en charge et les traitements rodés, les effectifs, durement éprouvés par la première crise sanitaire, sont toujours en berne. Un manque de personnel chronique auquel s'ajoutent les arrêts maladie. Et plus de la moitié des infirmières et infirmiers sont "en situation d'épuisement professionnel", avait alerté mi-octobre l'Ordre national des infirmiers.

"Un mois de novembre redoutable"

Le ministère de la Santé a déjà lancé un appel en créant la plateforme Renfort-RH. L'AP-HP a fait de même en diffusant un formulaire de "mobilisation des renforts en personnel médical et paramédical". Certains établissements ont également annulé des vacances de leur personnel, notamment pendant la Toussaint. Le directeur de l'AP-HP a confirmé que des congés avaient été déprogrammés pour nombre de personnels de ses hôpitaux. "Mais pour d'autres, on a préféré qu'ils prennent des vacances maintenant, avant ce mois de novembre redoutable", a-t-il indiqué vendredi.

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Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé la semaine dernière que les jours de congés non pris seraient indemnisés entre 110 et 200 euros brut. "Cette deuxième vague est plus difficile à gérer pour les hospitaliers car on ne peut plus compter sur le même renfort en personnels venant des autres régions", explique dans Le Figaro le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux.

Avec AFP