Covid-19 : en France, couvre-feu à 18 h et longue attente pour se faire vacciner

·4 min de lecture

Alors que la France avance samedi son couvre-feu à 18 h sur tout son territoire, l'élargissement de la campagne de vaccination contre le Covid-19, prévu lundi, provoque déjà quelques embouteillages dans la prise de rendez-vous.

À la veille de la mise en place du couvre-feu sur tout le territoire, la France a recensé, vendredi 15 janvier, 21 217 cas confirmés de Covid-19 (contre 21 228 la veille). La campagne de vaccination sera élargie lundi, et la prise de rendez-vous, possible depuis jeudi, se révèle de plus en plus compliquée, les créneaux étant rapidement complets.

Face à la menace de nouveaux variants plus contagieux du Covid-19, le couvre-feu à 18 h va être étendu samedi à l'ensemble du territoire métropolitain, "et pour au moins 15 jours". Les écoles resteront ouvertes mais les activités sportives scolaires et périscolaires en intérieur seront suspendues, tandis que le protocole sanitaire dans les cantines sera renforcé.

"Si nous constatons une dégradation épidémique forte, nous serions conduits à décider sans délai d'un nouveau confinement", a prévenu le chef du gouvernement.

Ces restrictions sont motivées par l'arrivée de nouveaux variants, qui ont initialement émergé en Angleterre et en Afrique du Sud.

Une domination "inéluctable"

Pour l'heure, 87 cas de contamination par le variant anglais ont été recensés, et quatre cas de contamination par le variant sud-africain, selon le ministère de la Santé.

Une enquête menée sur tous les tests PCR positifs de jeudi et vendredi derniers montre que le variant anglais est à ce stade "responsable de 1 à 2 % des cas de Covid-19 actuellement diagnostiqués en France", a précisé Santé publique France (SpF).

Mais il est "inéluctable" que ce virus mutant se substitue au Covid-19 classique d'ici deux à trois mois, a prévenu le virologue Bruno Lina, qui coordonne la cartographie de ce variant.

Même s'il ne paraît pas intrinsèquement plus dangereux que le coronavirus classique, il risque de poser un problème majeur : davantage de personnes contaminées, c'est davantage de malades qui finissent à l'hôpital, avec un risque accru que le système soit submergé.

Bien que moins présent en Europe pour l'instant, le variant sud-africain préoccupe plus certains scientifiques, qui craignent une efficacité moindre des vaccins.

833 centres de vaccination ouverts

Mais même sans les variants, l'épidémie continue de progresser. La semaine du 4 au 10 janvier est ainsi marquée par une "augmentation des indicateurs épidémiologiques" après les "rassemblements festifs de fin d'année", selon SpF.

Pour tenter d'enrayer l'épidémie avant que les variants ne montent en puissance, la course contre la montre se poursuit pour vacciner la population.

Après un démarrage poussif et critiqué, plus de 389 000 personnes avaient reçu la première injection à la date de vendredi, alors que la France disposait cette semaine de 1,5 million de doses.

La campagne va s'élargir lundi aux plus de 75 ans ne vivant pas en Ehpad, ainsi qu'aux personnes présentant des pathologies à haut risque (insuffisances rénales chroniques, cancer sous traitement...).

À trois jours de cet élargissement, 833 centres étaient "ouverts et accessibles à la réservation", a assuré le ministre de la Santé, Olivier Véran.

"Stocks pas illimités" et créneaux complets

Pourtant, la prise de rendez-vous, possible depuis jeudi matin, s'apparente parfois à un parcours du combattant.

Le site officiel Sante.fr, qui devait initialement rediriger vers l'une des trois plateformes privées de réservation, n'affichait vendredi qu'une liste des lieux de vaccination par département.

Sur les plateformes elles-mêmes, il faut parfois patienter plusieurs heures pour espérer décrocher un rendez-vous. Lassés par cette situation, une dizaine de personnes se sont résolues à faire la queue "en plein froid" devant un centre de vaccination du 13e arrondissement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une frustration qui s'ajoute à la crainte d'une pénurie de vaccins, alors que des retards de livraison des doses sont annoncés. "Dès qu'on a su qu'on pouvait se faire vacciner, on a voulu prendre rendez-vous, parce qu'on sait que les stocks de vaccins ne sont pas illimités. Après, il n'y en aura plus !", s'exclame André, dans la file d'attente.

"Il faut accélérer la cadence", a demandé la maire de la capitale, Anne Hidalgo, estimant que les 10 000 doses par semaine prévues pour Paris ne suffisaient pas.

À Rennes, les créneaux ouverts pour se faire vacciner dans une salle de concerts sont complets pour les 15 prochains jours, a annoncé la mairie dans un communiqué : "En moins de 24 h, le service mis en place par la Ville a reçu plus de 5 000 appels, et les 1 500 créneaux de vaccination disponibles sur les deux prochaines semaines ont été réservés."

Avec AFP