Covid-19 en France : le Conseil d'État approuve la fermeture des lieux culturels

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Le Conseil d'État a validé, mercredi, la fermeture des théâtres et cinémas, décidée par le gouvernement jusqu'au 7 janvier au moins, au vu du "contexte sanitaire". Cependant, la plus haute juridiction administrative a entendu une partie des arguments avancés par les professionnels du monde de la culture.

Le Conseil d'État a décidé, mercredi 23 décembre, de maintenir la fermeture, au vu du "contexte sanitaire", des lieux culturels, décidée par le gouvernement jusqu'au 7 janvier au moins, mais a alimenté l'espoir d'une réouverture si l'épidémie se calme.

Saisie en urgence par les professionnels de la culture, la plus haute juridiction administrative a rejeté leurs demandes de réouverture, soulignant le "caractère très évolutif" de la situation sanitaire et le "risque d'augmentation de l'épidémie à court terme".

Dans ces conditions, la décision du Premier ministre, Jean Castex, de laisser les théâtres et cinémas fermés "ne porte pas une atteinte manifestement illégale aux libertés fondamentales", dont la liberté d'expression, invoquées par les représentants du monde de la culture.

Ces derniers ne se faisaient pas beaucoup d'illusions au vu des derniers chiffres de contamination, avec près de 12 000 cas positifs mardi, et les craintes autour des fêtes et d'une variante du virus.

Espoir de réouverture

Mais dans le même temps, le Conseil d'État leur offre de sérieux motifs d'espoir, en validant partiellement leurs arguments : si la situation sanitaire s'améliore, le maintien de la fermeture générale des cinémas et autres lieux de spectacles, attentatoire aux libertés, ne pourra pas être "justifiée par la seule persistance d'un risque de contamination de spectateurs par le virus SARS-CoV-2", juge-t-il.

Il souligne aussi l'efficacité des protocoles sanitaires mis en place dans les salles de spectacles, où le risque de transmission du virus est dès lors "plus faible que pour d'autres évènements rassemblant du public en lieu clos".

"Le Conseil d'État relève le caractère adéquat des protocoles sanitaires particulièrement stricts ainsi que les atteintes graves aux libertés", ont souligné auprès de l'AFP les avocats Vincent Brengarth et William Bourdon, faisant part de la "déception" des théâtres parisiens qu'ils défendaient.

Mais ils y voient aussi un "espoir" de réouverture pour des salles fermées depuis le début du deuxième confinement fin octobre : "Dès que la situation s'améliorera, les théâtres attendent du gouvernement qu'il tire toutes les conséquences de cette décision importante du Conseil d'État et de sa motivation".

Pas de visibilité

Le Premier ministre Jean Castex a admis mercredi qu'il "sera difficile" de donner dans les "prochaines semaines" de la visibilité sur la réouverture des cinémas et théâtres, réitérant son soutien à un secteur "profondément ébranlé" par la crise sanitaire.

"Nous comprenons votre désarroi, votre colère et votre découragement", a affirmé le chef du gouvernement dans une lettre adressée "à ceux qui font vivre la Culture en France", diffusée sur Twitter, dans laquelle il a justifié à nouveau la décision de ne pas rouvrir théâtres et cinémas comme initialement prévu le 15 décembre.

"Nous avons nous-mêmes cru jusqu'au dernier jour à la possibilité de cette réouverture", a-t-il reconnu, après la décision du Conseil d'État de valider la fermeture.

"Mais, dès lors que les indicateurs s'étaient à nouveau dégradés, la décision d'ouvrir n'aurait pas été responsable (...) et nous aurait exposé à un risque évident de rebond épidémique d'ici quelques semaines", a-t-il ajouté.

"Voilà pourquoi, alors que vous nous demandez de la visibilité sur les prochaines échéances, voire une date de réouverture ferme et définitive, il sera dans les prochaines semaines difficile de vous donner satisfaction sur ce point", a prévenu le Premier ministre.

Avec AFP