Covid-19 en France: un confinement local envisagé dans les Alpes-Maritimes

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En déplacement dans les Alpes-Maritimes (sud-est), le ministre français de la Santé Olivier Véran a demandé ce samedi au préfet et aux élus de prendre d'ici demain soir des « mesures complémentaires » pour faire face à la flambée du Covid-19.

Depuis l'apparition du Covid-19 il y a un an en France, aucun confinement n'a encoreété décrété au niveau local. Cela pourrait changer dès ce week-end. En visite dans un hôpital niçois, le ministre de la Santé Olivier Véran a appelé ce samedi à un renforcement des mesures dans les Alpes-Maritimes face à la flambée de l'épidémie.

« Ça pourrait prendre la forme d'une accentuation du couvre-feu, voire d'un confinement partiel ou total », a-t-il avancé, demandant au préfet et aux élus du département une décision d'ici dimanche soir.

Car les derniers chiffres inquiètent le gouvernement. Dans les Alpes-Maritimes, le taux de positivité des tests de détection est supérieur à 10%, contre une moyenne nationale de 6% et le taux d'incidence atteignait vendredi les 587 pour 100 000 habitants, selon l'Autorité régionale de santé (ARS). Dans la métropole de Nice, ce taux dépasse 700, soit plus de trois fois la moyenne nationale (190).

Un « dépistage massif » dans les écoles

Le maire LR de Nice, Christian Estrosi, qui a avait applaudi la décision de mettre en place un couvre-feu, s'est dit favorable à l'idée d'un confinement partiel ou total. « Si nous devions aller à un confinement partiel ou un peu plus important dans les jours qui viennent en fonction de l'évolution de l'épidémie, je les soutiendrais de la même manière, par exemple un confinement à l'occasion de chaque week-end », a-t-il déclaré.

Olivier Véran a par ailleurs annoncé des mesures supplémentaires, dont un renforcement des contrôles de respect des consignes sanitaires, le « dépistage massif » dans les écoles à la rentrée avec des tests salivaires ou l'envoi de 3 500 doses supplémentaires du vaccin Pfizer/BioNTech lundi et des « milliers de doses » de celui d'AstraZeneca. « Ce n'est pas le virus sud-africain qui circule ici, c'est surtout du variant anglais », a détaillé le ministre de la Santé.

En Moselle, département qui connaît aussi une flambée du Covid, Olivier Véran avait aussi évoqué mi-février la possibilité d'un confinement local ou de la fermeture des écoles, soumis à la concertation avec les élus locaux. Mais pour l'instant, le préfet a simplement décidé d'augmenter les contrôles d'application des mesures sanitaires et le nombre de tests réalisés.

Au niveau national, « la tendance sur les trois derniers jours n'est pas bonne, elle n'est plus bonne », a déploré le ministre de la Santé ce samedi, soulignant qu'on avait compté hier « plus de 3 000 cas supplémentaires par rapport au vendredi de la semaine précédente ».

Selon des parlementaires de la majorité, qui ont participé vendredi à une vidéo-conférence avec la présidence de la République, l'Élysée se donne 8 à 10 jours pour décider si les contraintes actuelles doivent être relâchées ou au contraire resserrées.

Des contrôles renforcés

En attendant, et tandis que la France entame un week-end printanier, les autorités ont décidé un renforcement des contrôles sur l'ensemble du territoire. « Pas de relâchement malgré le beau temps », a ainsi prévenu le préfet de police Didier Lallement. Quatre mille policiers et gendarmes sont déployés dès ce samedi en Île-de-France pour veiller au respect des consignes sanitaires.

Dans le Nord aussi, les effectifs seront renforcés pour le début des vacances scolaires. Des centaines de policiers sont notamment mobilisés vers Dunkerque. Ils craignent entre autres la présence de festivaliers du Carnaval, malgré l'annulation de l'événement.

La préfecture du Rhône a quant à elle interdit la consommation d'alcool dans le centre-ville de Lyon entre midi et 18h. Ces dernières semaines elle a en effet constaté des attroupements de plus en plus fréquents.