Covid-19 : les femmes enceintes peuvent-elles transmettre le virus ?

Ingrid Bernard
·2 min de lecture
femme enceinte

Faut-il, ou non, vacciner les femmes enceintes ? Une nouvelle étude menée par des chercheurs du Massachusetts General Hospital pourrait bien remettre le sujet sur la table.

De nombreuses études l’ont déjà montré, les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables au développement des cas les plus graves de Covid-19. Fort heureusement, la transmission du virus au fœtus serait extrêmement rare, soit inférieur à 5%. Des chercheurs du Massachusetts General Hospital (MGH) estiment, toutefois, qu’une prise en charge est nécessaire afin de protéger la mère et son bébé.

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Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont suivi 127 femmes enceintes de plus de six mois, qui ont été hospitalisées dans trois hôpitaux de Boston entre le 2 avril et le 13 juin 2020. Parmi elles, 64 ont été testées positives au SARS-CoV-2. Les chercheurs n’ont détecté aucune trace du virus dans le sang maternel ou ombilical. Ils ont émis l’hypothèse que la transmission était bloquée non seulement en raison du manque de virus dans le sang de la mère, mais aussi parce que les principales molécules utilisées par le SARS-CoV-2 pour pénétrer dans les cellules ne sont pas physiquement situées dans le placenta. Dans un même temps, les chercheurs ont constaté qu’au cours du troisième trimestre de grossesse, les mères ne transmettaient qu’un faible niveau d’anticorps anti-SARS-CoV-2 à travers le placenta comparativement aux anticorps anti-grippe.

Vers une vaccination adaptée ?

Les scientifiques estiment qu’il est nécessaire que les femmes enceintes reçoivent un vaccin adapté pour se protéger mais aussi protéger leur fœtus. “Cette découverte souligne que les femmes enceintes sont une population clé à prendre en compte dans le déploiement des vaccins. Cela soulève également des questions concernant le moment optimal d'administration du vaccin pour mieux soutenir l'immunité maternelle et néonatale”, déclare l'auteur principal Andrea Edlow, spécialiste en médecine maternelle et fœtale à l'HGM et professeur adjoint d'obstétrique, de gynécologie et de biologie de la reproduction à la Harvard Medical School.

Rappelons que, pour l’heure, la Haute Autorité de la santé considère qu’“en l’absence de données robustes sur la tolérance et l’efficacité du vaccin BNT162b2 au cours de la grossesse, conformément au résumé des caractéristiques du produit (RCP), l’utilisation chez la femme enceinte doit être envisagée seulement si les bénéfices potentiels l’emportent sur les risques potentiels pour la mère et le fœtus”, note l’instance. La HAS n’exclut pas de revoir sa position si de nouvelles données scientifiques permettent de l’envisager.

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