Covid-19: face à une troisième vague, le Kenya met de place de nouvelles mesures

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Le Kenya fait face à une troisième vague de contaminations au Covid-19. Au total depuis le début de la pandémie, 2 104 personnes en sont décédées au Kenya. 1 152 nouveaux cas ont été recensés dans les dernières 24h. Pour tenter de limiter la propagation du virus, le président Uhuru Kenyatta a annoncé vendredi une série de nouvelles mesures, effectives dans la nuit de vendredi à samedi.

Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

La capitale, Nairobi, ainsi que quatre comtés voisins sont sous cloche. Interdiction d’y entrer ou d’en sortir. Dans ces zones, le couvre-feu passe à 20h, les restaurants sont limités à la vente à emporter et les écoles sont fermés. Les activités sportives y sont aussi interdites ainsi que les rassemblements religieux. Dans le reste du pays, les mesures restent telles qu’elles étaient jusqu’à présent, le couvre-feu ne commence qu’à 22h.

À Nairobi, samedi, au lendemain des annonces, les avis des habitants étaient mitigés. Phemmy Chepkombe a pu maintenir son stand de fruits et légumes sur le bord de la route. Face à la hausse des contaminations, elle s’inquiétait pour sa santé et accueille donc les nouvelles mesures positivement.

Pour continuer de travailler, elle a juste décalé ses horaires. « Je dois fermer plus tôt et donc aller chercher mes produits au marché plus tôt. Mais c’est une bonne chose pour contrôler la propagation du Covid-19. On est plus en sécurité comme ça ».

Au lendemain des annonces, le réveil a toutefois été plus dur pour certains. Geoffroy Onyango, chauffeur de taxi, comprend bien l’ampleur de la situation mais le nouveau couvre-feu affecte durement son activité.

« D’un côté la courbe des infections augmentaient. Mais d’un autre côté, économiquement, ces mesures affectent beaucoup de personnes. Dans mon travail, chauffeur de taxi, la période la plus productive d’habitude, ce sont les heures qui sont maintenant sous couvre-feu. Une grande partie de notre travail nous a été enlevé. Mais le gouvernement n’a aucun programme pour essayer d’adoucir ces conséquences économiques. »

Face à cette situation difficile, certaines voix s’élèvent contre le gouvernement. Perché sur sa moto, Ben Sonorina, 34 ans, le tient directement responsable de cette troisième vague. « Le problème auquel on fait face, il a été causé par nos dirigeants. Le président savait très bien qu’il y avait des cas de Covid-19 mais ils ont continué à se déplacer, à faire des meetings politiques, comme s’il n’y avait pas de pandémie. »

Les rassemblements politiques n’ont en effet été interdits au Kenya que le 12 mars dernier, alors que la troisième vague de Covid-19 commençait déjà.