Covid-19 : face à la menace des variants, la France sous "vigilance armée"

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Pour l'heure, en France, le pari de l'exécutif d'éviter un reconfinement général du pays semble tenir, malgré la progression des variants du coronavirus qui frappent la région de Dunkerque ou la Moselle.

La France était toujours entre "sursis" et "vigilance armée", lundi 15 février, face à l'épidémie de Covid-19, confrontée à la progression des variants du virus qui frappent la région de Dunkerque (Nord) ou la Moselle, un an après le premier décès enregistré dans le pays.

Pour l'heure, le pari de l'exécutif d'éviter un reconfinement général du pays semble tenir. Nouvelles hospitalisations et entrées en réanimation de malades du Covid-19 ont continué de reculer au cours des dernières 24 heures, même si la circulation du virus ne ralentit pas, selon Santé publique France dimanche.

Le nombre de malades en réanimation, passé vendredi pour la première fois en cinq jours sous la barre des 3 300, était stable dimanche (3 299). Au cours des précédentes vagues, ils avaient été jusqu'à 7 000 au printemps, 4 900 à l'automne.

"Le nombre de cas est relativement stable, voire en très légère baisse" mais les variants incitent à une "vigilance armée", a résumé lundi sur RTL Didier Pittet, infectiologue et épidémiologiste aux Hôpitaux universitaires de Genève, président de la Mission indépendante d'évaluation de la gestion de l'épidémie de Covid-19 en France.

Pour ce spécialiste, la situation du pays s'apparente aujourd'hui à un "sursis lié à la présence de ces variants", et il ne faut pas exclure des "mesures locales qui peuvent être le confinement, par quartier, ville, région".

Des mesures "déconnectées", selon le maire de Dunkerque

Mais alors que la majorité des élèves du pays sont désormais en vacances d'hiver, les autorités ont choisi de temporiser sur ce dernier point : pas de reconfinement local ni de fermeture d'écoles dans le Dunkerquois ou en Moselle, régions qui font partie de la dernière des trois zones scolaires pas encore en vacances.

Le maire (DVG) de Dunkerque, Patrice Vergriete, qui avait demandé, avec ses collègues de la communauté urbaine, la fermeture des collèges et lycées une semaine avant les vacances pour faire face à la circulation du variant anglais qui s'accélère, a dénoncé, lundi sur France Bleu Nord, des mesures "déconnectées", disant comprendre "l'incompréhension de la population".

"Aujourd'hui sur le territoire dunkerquois nous avons environ 80 % de variant britannique dans les cas de Covid positif. Et comme le variant est très contagieux, il a fait exploser le nombre de cas de Covid sur le territoire dunkerquois, et nous avons un hôpital qui est aujourd'hui en saturation", a ensuite affirmé le maire dans un entretien à l'AFP.

Pas de nouvelles restrictions non plus en Moselle, où c'est le variant sud-africain qui inquiète, mais un renforcement de la vaccination et une "intensification" des tests, annoncés vendredi par le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Le "Monsieur vaccin" nommé par le gouvernement, Alain Fischer, a estimé lundi sur BFMTV qu'il fallait notamment dans ce département "accélérer l'acquisition de l'immunité", surtout pour les personnels de santé, estimant qu'il pourrait s'agir de vacciner "10 000 personnes en plus en Moselle".

Au niveau national, 2,9 millions de personnes avaient été vaccinées dimanche, dont près de 650 000 ont reçu leurs deux doses.

Vacciner jusqu'à 20 millions de Français avant l'été

Et le Pr Fischer a réitéré que "la priorité évidente est de vacciner les personnes à risque", ce qui "représente 17 à 20 millions de personnes avant l'été". Puis, si les livraisons de vaccin se déroulent comme prévu, il sera possible de "vacciner de façon très très importante le reste de la population cet été".

À plus brève échéance, le vaccin AstraZeneca, à la manipulation moins contraignante et déjà utilisé pour les soignants, "permettra d'amplifier la vaccination" à partir de fin février, a-t-il encore dit. Il sera alors utilisé par les généralistes, "qui savent comment prioriser parmi leurs patients" ceux qui ont le plus besoin d'être vaccinés, et les pharmaciens.

Et de rappeler les objectifs de la campagne : "sauver des vies" et "arriver à une situation où le virus circule moins et ou on pourra lever les mesures barrières".

Pour l'heure, le bilan depuis l'apparition de l'épidémie en France est très lourd : 81 814 morts, comptabilisés en un an très exactement. Le premier cas mortel de Covid-19 a en effet été enregistré dans le pays le 15 février 2020 : un touriste chinois âgé de 80 ans, décédé à l'hôpital parisien Bichat et originaire de la province du Hubei, où les premiers cas d'un nouveau coronavirus encore mal connu étaient apparus quelques semaines auparavant.

Avec AFP