Covid-19: face à la deuxième vague, le modèle suédois s'accroche

Fanny Rocher avec AFP
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Des piétons dans une rue de Stockholm, le 31 août 2020 en Suède - Tom LITTLE © 2019 AFP
Des piétons dans une rue de Stockholm, le 31 août 2020 en Suède - Tom LITTLE © 2019 AFP

Le contre-modèle suédois est-il rattrapé par la deuxième vague de coronavirus? Le pays nordique a appelé dès le début de la pandémie à la responsabilité individuelle de chacun, en misant sur la stratégie d'immunité collective et en excluant tout confinement. Le pays a enregistré lors de la première vague l'un des taux de mortalité les plus élevés d'Europe.

La Suède, qui reste l'un des seuls pays du monde à ne pas recommander le port du masque, enregistre cependant une hausse de cas quotidiens régulière et inquiétante depuis la mi-septembre. Ce jeudi, les autorités sanitaires ont enregistré 1614 nouvelles contaminations, le chiffre le plus élevé depuis juin. Bien loin des plus de 40.000 contaminations recensées ces jeudi et vendredi en France.

Les recommandations pour les personnes à risque levées

Selon un comptage de l'université américain John Hopkins, au total, 110.594 cas de coronavirus et 5933 morts ont été recensés depuis le début de la pandémie. Cela représente un taux de mortalité d'environ 60 pour 100.000 habitants, contre 50 en France, précise Le Monde.

Le chef de file de la stratégie suédoise, Anders Tegnell, refuse de parler d’une seconde vague, mais a reconnu, mardi dernier, que "les chiffres ne vont pas dans le bon sens". Alors qu'une grande partie de l'Europe ont décidé d'instaurer des couvre-feux et des reconfinements pour contenir la pandémie, le pays du Nord de 10 millions d'habitants a cependant opté de garder son cap, sans confinement ni mesures coercitives.

Le gouvernement a créé la surprise ce jeudi en adoucissant même certaines mesures, notamment en levant ses recommandations spécifiques à l'égard des personnes à risque, notamment celles de plus de 70 ans, à qui il était demandé depuis le début de l'épidémie de rester chez elles. Les autorités ont déclaré craindre des problèmes de santé comme la dépression et la solitude liées à l'isolement.

La jauge augmentée pour les événements, les discothèques rouvertes

Début octobre, l'interdiction de se rendre en visite dans les maisons de retraite, l'une des rares contraintes introduites durant l'épidémie, a aussi été levée, et les discothèques du quartier de Stureplan, repaire de la jet-set suédoise, dans le centre de Stockholm, ont rouvert leurs portes, rapportent nos confrères du Monde.

Si les rassemblement de plus de 50 personnes restent interdits depuis fin mars, le gouvernement a cependant augmenté la jauge à 300 personnes pour les événements culturels et sportifs jeudi.

Le gouvernement suédois, qui tente d'ajuster son approche face à l'épidémie, a toutefois introduit en début de semaine de nouvelles mesures. A Uppsala, ville universitaire à 70 kilomètres de la capitale Stockholm, confrontée à une recrudescence depuis la rentrée des étudiants au début de l'automne, il est désormais conseillé aux habitants d'éviter les transports publics et les contacts physiques avec des personnes extérieures au foyer jusqu'au 3 novembre.

"Vivre sa vie de manière assez normale compte tenu des restrictions"

"Les gens ne peuvent tenir avec des directives aussi strictes que pendant une période limitée et le timing est important. On ne peut pas commencer trop tôt et on ne peut pas attendre trop longtemps (...), nous espérons que c'est le bon moment", a justifié Anders Tegnell.

Jusqu’au 3 novembre, les Suédois sont également priés d'éviter les transports en commun et de limiter les contacts au maximum. En juillet, la population a par ailleurs été appelée à télétravailler jusqu'au 1er janvier 2021.

Le gouvernement continue de défendre son modèle et parle de mesures pertinentes sur le long terme, pour un "marathon, et non un sprint".

Pour Johan Carlson, directeur de l'Agence suédoise de santé publique interrogé par l'Agence France-Presse (AFP), il s'agit "de créer une situation où l'on peut vivre (sa) vie de manière assez normale compte tenu des restrictions" et où la stratégie est largement acceptée et suivie. Selon lui, le reste de l'Europe montre que les confinements et les déconfinements "ne sont pas une voie à suivre".

Article original publié sur BFMTV.com