Covid-19: les experts britanniques valident la 3e dose, mais pas encore la vaccination des ados

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Des personnes attendent pour se faire vacciner contre le Covid-19 au Tate Modern, le 16 juillet 2021 à Londres - Tolga Akmen © 2019 AFP
Des personnes attendent pour se faire vacciner contre le Covid-19 au Tate Modern, le 16 juillet 2021 à Londres - Tolga Akmen © 2019 AFP

Au Royaume-Uni, le JCVI (Comité conjoint sur la vaccination et l'immunisation) a donné son feu vert ce lundi pour la vaccination avec une troisième dose des personnes de plus de 12 ans atteintes de maladies graves. Mais outre-Manche, aucune recommandation n'a encore été faite par le comité concernant l'extension de la campagne de vaccination aux jeunes de 12 à 15 ans en bonne santé.

D'après des informations du média britannique The Independent, le JCVI freine cette possibilité par peur de manquer de doses de rappel pour les personnes à risque.

Une personne proche du JCVI a déclaré au journal qu'il était "nécessaire de réfléchir à la manière de prioriser les rappels pour les groupes vulnérables, ainsi que d'amener les gens à recevoir leur deuxième dose avant d'essayer de lancer un programme scolaire".

"Nous ne nous précipitons pas"

Au Royaume-Uni, les vaccins ne sont accessibles que depuis août aux personnes de plus de 16 ans - 50% des 16-17 ans ont déjà reçu au moins une dose. Ils sont également accessibles à "certains enfants âgés de 12 à 15 ans qui ont un risque plus élevé de tomber gravement malades à cause du COVID-19 ou qui vivent avec une personne à haut risque de l'attraper", précise le NHS (National Health Service).

"Nous ne nous précipitons pas, nous ne voulons surtout pas être en mesure de découvrir plus tard que nous avons pris la mauvaise décision", déclarait le 23 août dernier le pédiatre Adam Finn, membre du JCVI, sur Sky News. Il assurait alors que le comité regardait "très attentivement" cette problématique, et que "toute cette situation était en constante réévaluation".

Mais avec la rentrée scolaire, les craintes d'une multiplication des contaminations dans les écoles britanniques, et d'un nouveau rebond de l'épidémie, ont entraîné de nombreuses critiques de cette absence de décision. D'autant que les voisins du Royaume-Uni, comme la France, ont commencé à vacciner leurs adolescents.

Le gouvernement britannique semble de son côté prêt à franchir le pas. Cela "solidifierait notre mur de protection" contre le virus, avait déclaré au Times le ministre de la Santé Sajid Javid. D'autre part, une source du milieu sanitaire a assuré à The Independent que le Royaume-Uni aurait assez de doses pour mettre en place un programme de rappel en même temps que la vaccination des 12-15 ans.

"Je ne comprends pas la position du JCVI"

En France, plus de 64% des 12-17 ans ont déjà reçu au moins une dose de vaccin.Si les plus jeunes font moins de formes graves que les adultes quand ils sont contaminés par le Covid-19, ils peuvent faire "des formes qu'on appelle Covid long, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas été très symptomatiques mais qu'ils restent symptomatiques à long terme avec un état de fatigue important", avait expliqué sur BFMTV Lila Bouadma, réanimatrice à l'hôpital Bichat (Paris) et membre du conseil scientifique.

"Je ne comprends pas la position du JCVI. C’est une chose de dire que la plupart des enfants ne tombent que très rarement malades du Covid-19 et une autre de ne rien faire pour prévenir leur infection", alertait la semaine dernière dans Le Monde Christina Pagel, professeure au University College de Londres et membre de l’Independent SAGE, un groupe consultatif scientifique indépendant.

Selon les dernières données, outre-Manche, le nombre de personnes testées positives est légèrement en baisse, ou tout du moins se stabilise, mais le nombre de patients admis à l'hôpital continue pour le moment d'augmenter.

"Nous arrivons en septembre avec des infections 26 fois plus élevées que l'année dernière, lorsque n'avions à faire qu'à un variant moins infectieux, et les cas avaient néanmoins quadruplé après le retour dans les écoles", s'inquiète l'épidémiologiste Deepti Gurdasani auprès de The Independent. Elle craint donc de voir "presque certainement une augmentation massive des infections".

Article original publié sur BFMTV.com

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