Des experts américains recommandent la reprise de la vaccination avec Johnson & Johnson

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Des experts de l'autorité de santé américaine se sont prononcés vendredi en faveur de la reprise de la vaccination avec le sérum de Johnson & Johnson aux États-Unis, qui avait été suspendue le 13 avril après des cas rares de thrombose.

Des experts de l'autorité de santé américaine ont recommandé, vendredi 23 avril, la reprise de la vaccination avec le sérum de Johnson & Johnson aux États-Unis, dix jours après sa suspension due à de rares cas de thrombose.

Le vaccin "est recommandé" pour la population adulte, a conclu vendredi un groupe réuni à la demande des Centres américains de lutte et de prévention des maladies (CDC), la principale agence américaine de santé publique. C'est la directrice des CDC, Rochelle Walensky, qui doit prendre la décision finale.

Le directeur scientifique de l'entreprise, Paul Stoffels, s'est dit "reconnaissant" de la décision des experts, qui est "un pas essentiel vers la poursuite des vaccinations urgemment nécessaires, dans un environnement sûr, pour des millions de gens aux États-Unis".

Les autorités sanitaires avaient annoncé une pause dans l'utilisation du vaccin mis au point par le laboratoire américain afin d'enquêter sur plusieurs cas de femmes ayant développé des cas graves de caillots sanguins en association avec des bas niveaux de plaquettes après l'injection du sérum de Johnson & Johnson.

Ce vaccin a déjà été administré à 7,98 millions de personnes aux États-Unis. Selon des données présentées vendredi, sur 3,99 millions de femmes vaccinées, 15 ont développé des cas graves de caillots sanguins, et trois sont décédées. La majorité (13 sur 15) étaient âgées de moins de 50 ans, les deux autres avaient entre 50 et 64 ans. Il n'y a eu aucun cas connu chez les hommes vaccinés.

Efficace à 66 %

Certains experts ont notamment souligné vendredi les bénéfices de ce vaccin à dose unique, pouvant être conservé dans les réfrigérateurs et atteindre plus facilement les groupes vulnérables, face aux risques très rares de thromboses, qui peuvent avoir des conséquences neurologiques dévastatrices même quand elles ne sont pas mortelles. "Il serait préjudiciable de supprimer un vaccin qui peut être administré en dose unique et qui a la préférence de la communauté hispanique", a estimé le Dr Jose Romero, chef du comité d'experts.

Le vaccin J&J s'est révélé efficace à 66 % pour prévenir les formes modérées à sévères du Covid-19, selon des essais cliniques réalisés sur environ 40 000 personnes âgées de 18 ans ou plus dans plusieurs pays à travers le monde. Même si le lien avec le vaccin n'a pas été démontré, les scientifiques le considèrent comme la "cause probable" du phénomène des thromboses, également détecté avec le vaccin AstraZeneca. L'Agence européenne des médicaments a pour sa part indiqué vendredi qu'après une nouvelle étude, les bénéfices du vaccin AstraZeneca augmentaient avec l'âge et continuaient de l'emporter sur les risques, tels que des apparitions de caillots sanguins.

La technologie Johnson & Johnson et AstraZeneca utilise un adénovirus pour vecteur, comme les vaccins russe Spoutnik V et chinois CanSino. Le vaccin de J&J est autorisé dans l'UE (sous le nom de Janssen) mais pas encore administré. Celui d'AstraZeneca est utilisé dans l'UE, mais pas encore autorisé aux États-Unis. Outre J&J, les États-Unis administrent en majorité les vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna, qui utilisent la technologie de l'ARN messager et nécessitent deux injections.

Le président Joe Biden a annoncé mercredi que 200 millions de doses de vaccins anti-Covid avaient été administrées aux États-Unis, pays le plus endeuillé du monde avec plus de 570 000 décès dus au virus. Tous les adultes américains sont éligibles à la vaccination depuis le 19 avril.

Avec AFP