Covid-19 en Europe: les dégâts économiques immédiats et les remèdes se précisent

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À Bruxelles, les conséquences économiques de la pandémie connaissent ce jeudi 5 novembre deux rebondissements conséquents dans les trois institutions de l’Union européenne. D’une part à la Commission, où le constat de la catastrophe économique se précise avec des chiffres alarmants pour le déficit et la dette, d’autre part au Conseil et au Parlement, où un accord ouvre la voie au plan de relance. Un plan de relance d’autant plus nécessaire que la reprise s’éloigne.

Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet

Il faudra attendre 2022, voire 2023, pour que l’économie européenne renoue à peine avec les niveaux d’avant la pandémie de coronavirus, selon la Commission européenne. Elle constate que la deuxième vague de Covid-19 a coupé l’herbe sous le pied au rebond économique attendu pour le deuxième semestre 2020. Et le rebond de 2021 ne verra l’économie européenne croître que de 4,6%, les deux tiers du rebond initialement attendus.

La récession s’installe dans la zone euro avec un produit intérieur brut en recul de 7,8%. Elle touche de plein fouet la France, l’Italie et l’Espagne, ou le PIB recule de 12,4%. Dans ces pays et en Belgique, le déficit dépassera 10%, et la dette publique crève tous les plafonds en France, en Italie et en Grèce.

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Premier accord trouvé, malgré des réticences, pour dessiner le futur plan de relance

Dans ce contexte, le plan de relance concocté lors du sommet-marathon de juillet est de plus en plus urgent. Et l’accord survenu entre le Parlement européen et le Conseil des 27 États membres ce jeudi permet de voir se lever une partie des nuages qui s’amoncelaient au-dessus de son berceau.

Les députés européens se sont mis d’accord avec le Conseil pour lancer le mécanisme budgétaire de l’État de droit. Très décrié par la Pologne et la Hongrie, ce mécanisme permettra de mettre en suspens le versement de certains fonds européens en cas de non-respect des valeurs démocratiques de l’UE, comme par exemple l’indépendance de la justice.

Ceci va permettre de rechercher maintenant un accord plus général entre Conseil et Parlement sur le budget européen des sept prochaines années, condition sine qua non pour permettre à la Commission d’emprunter sur les marchés afin de financer le plan de relance.