Le G7 lance un plan d'infrastructures pour contrer les "routes de la soie" chinoises

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Les dirigeants des grandes puissances du G7 se retrouvent, samedi 12 juin, pour une deuxième journée qui fait la part belle aux leçons à tirer de la pandémie et à la promotion d'un plan mondial sur les infrastructures afin d'aider les pays défavorisés courtisés par le projet chinois des nouvelles "routes de la soie".

Les dirigeants des grandes puissances du G7 se retrouvent, samedi 12 juin, pour une deuxième journée qui fait la part belle aux leçons à tirer de la pandémie et à la promotion d'un plan mondial sur les infrastructures afin d'aider les pays défavorisés courtisés par le projet chinois des nouvelles "routes de la soie".

Réunis jusqu'à dimanche dans le sud-ouest de l'Angleterre, les chefs d'État et de gouvernement d'Allemagne, de France, d'Italie, du Royaume-Uni, du Canada, du Japon et des États-Unis ont jusqu'à présent affiché leur unité à la faveur de la traditionnelle photo de famille vendredi, et d'une réception autour de la reine Elizabeth II.

Le G7 a notamment lancé un vaste plan mondial d'infrastructures pour les pays pauvres et émergents, à l'initiative du président américain et afin de concurrencer les "Nouvelles routes de la soie" mises en place par Pékin, que ce soit en Amérique latine, en Afrique ou Asie.

Ce projet des grandes puissances baptisé "Reconstruire le monde en mieux" devrait aider ces pays à se relever de la pandémie, en se focalisant sur le climat, la santé, le numérique et la lutte contre les inégalités, annonce la Maison Blanche dans un communiqué.

L'administration américaine estime que des centaines de milliards de dollars pourront être mobilisés, notamment grâce au secteur privé.

Empêcher les pandémies du futur

Du point de vue du programme officiel, l'objectif est pour le G7 de fourbir ses armes face à la crise sanitaire. Après les promesses sur les dons de vaccins aux pays pauvres, les dirigeants veulent trouver les moyens d'éviter qu'une telle catastrophe mondiale ne se reproduise.

Le G7 va dévoiler dans la journée la "déclaration de Carbis Bay" présentée par Downing Street comme "historique" et qui comprendra une série d'engagements pour empêcher une nouvelle pandémie.

Il s'agira de réduire le délai pour développer des vaccins, des traitements et des diagnostics, renforcer la surveillance sanitaire, et engager une réforme de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) afin de la renforcer.

"Je suis fier que pour la première fois aujourd'hui les principales démocraties dans le monde soient unies pour faire en sorte que jamais plus nous ne soyons pas préparés" à une crise sanitaire de grande ampleur, selon Boris Johnson.

Le débat pourrait porter en outre sur l'épineuse question de la suspension des brevets sur les vaccins, afin d'accélérer leur production. Les États-Unis et la France sont pour, mais l'Allemagne s'y oppose.

Santé, diplomatie, questions économiques, les séances de travail du G7 vont s'enchaîner à un rythme soutenu samedi.

Le Brexit s’invite au G7

Les dirigeants accueilleront pour l'occasion leurs homologues de Corée du Sud, d'Afrique du Sud, d'Australie, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, interviendra de manière virtuelle, compte tenu de la grave situation sanitaire dans son pays.

Boris Johnson, dont c'est le premier sommet depuis la sortie du marché unique européen le 1er janvier dernier, enchaîne au début de la journée les tête-à-tête avec Emmanuel Macron, la chancelière allemande, Angela Merkel, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Au menu, les tentatives de Londres d'assouplir les dispositions post-Brexit sur l'Irlande du Nord, qui perturbent les approvisionnements et irritent les unionistes, au point d'indisposer Bruxelles, qui menace de représailles commerciales. Le gouvernement britannique répète, lui, à l'envi, qu'il n'acceptera jamais de remettre en cause l'unité du Royaume-Uni.

Face à Boris Johnson, Emmanuel Macron s'est dit prêt à une relance des relations franco-britanniques, mais a "souligné que ce réengagement imposait que les Britanniques respectent la parole donnée aux Européens et le cadre défini par les accords du Brexit", a indiqué l'Élysée, après une rencontre entre les deux dirigeants en marge du sommet du G7.

Il n'est pas certain, toutefois, que la crise se dénoue lors du sommet. "Le G7 n'est pas l'endroit où (Boris Johnson) va nécessairement chercher une solution immédiate", a averti, vendredi soir, Downing Street.

Avec AFP

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