Covid-19 : ce que l'on sait du décès d'une jeune fille de 17 ans après sa première dose

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Manifestation contre la vaccination des mineurs (Photo Pascal GUYOT / AFP)

Pour l'heure, le lien avec le vaccin ne peut ni être exclu, ni confirmé, une enquête est en cours. Le décès de Sofia est largement repris par les anti-vaccins, déplore sa famille.

Le 20 septembre, Sofia B., une jeune femme de 17 ans, fait un malaise à son lycée de Gardanne (Bouches-du-Rhône) et décède le lendemain à l'hôpital d'Aix-en-Provence, 11 jours après avoir reçu sa première injection de vaccin Pfizer.

L'information de sa mort est largement partagée par la galaxie anti-vaccins, qui fait le lien entre l'injection et la mort de la jeune femme. "@Medicalfollower" est un des premiers comptes influents de la galaxie anti-vaccin à relayer l'information, le jour même du décès de la jeune fille. L'information est ensuite relayée par plusieurs comptes influents aujourd'hui suspendus par Twitter.

Des anti-vaccins se rendent aux obsèques, la famille choquée

La date et le lieu de ses obsèques sont publiés en ligne par l’entreprise de pompes funèbres en charge des obsèques de la jeune fille. La cérémonie attire de nombreux proches, mais aussi des militants anti-vaccins ainsi que le média Vécu, qui relaie en direct sur Youtube et Facebook les à-côtés, donnant notamment la parole aux anti-vaccins présents. Durant ce direct, une scène retient l'attention, isolée par le journaliste Raphaël Grably, que l'on peut voir ici à partir d'1h05 environ.

On y voit un gendarme demander à des militants anti-vaccins de ne pas montrer à la famille de la victime des affiches dont ils sont munis, et qui accusent Emmanuel Macron et Olivier Véran de perpétrer un "génocide", en lien avec Pfizer dont ils seraient des "marionnettes". "La famille est venue nous voir pour dire qu'ils ne voulaient pas voir ça", explique un gendarme à une manifestante, qui regrette de "se faire jeter par l'assistance (...) après avoir fait 2h de route".

"On s'est fait déborder", regrette le beau-père

À la tentative de récupération lors des obsèques par des anti-vaccins s'y ajoutent les commentaires sur le site des pompes funèbres, dans un espace dédié aux hommages des proches. Parmi les messages, certains choquent la famille. "Combien faudra t-il de morts de la vaccination pour qu'ils comprennent. Car ils n'ont toujours rien compris", "Il est temps que cesse l'injection de ce poison", "Les coupables paieront un jour prochain".

"On s’est fait déborder par tous ces commentaires sur internet. Des groupes et des associations nous démarchent, mais on ne répond à personne. Le téléphone n’arrête pas de sonner, du matin au soir. Tout se dit sur les réseaux, mais ce n’est pas la vérité. À la base, dans la famille, on n’est pas trop pour ce vaccin. Alors dans notre situation, on éprouve de la colère, c’est normal, mais il faut calmer le jeu… On ne peut pas encore dire si le vaccin est responsable ou pas…", confie le beau-père de Sofia à Marianne.

Une embolie pulmonaire à l'origine du décès

Des militants anti-vaccins vont jusqu'à harceler la mairie et le lycée de Gardanne d'appels téléphoniques pour en savoir plus et "se montrent parfois très virulents", explique l'établissement scolaire à l'hebdomadaire.

"La cause première du décès serait une embolie pulmonaire mais il faut encore en rechercher l’origine, nous avons demandé des examens anatomopathologiques et toxicologiques complémentaires afin d’éclairer le médecin légiste", indique Achille Kiriakides, le procureur de la République d’Aix-en-Provence à La Provence.

"Pas de sur-risque" chez les mineurs

"À ce jour, on ne note pas de sur-risque de thromboses avec les vaccins à ARN dans cette population", nous précise Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie clinique du CHU de Bordeaux. Ce qui signifie qu'en l'état actuel des connaissances, l'injection d'un vaccin à ARN chez les 12-17 ans n'augmente pas le risque de faire une thrombose. 

Le cas de Sofia a fait l’objet d’un signalement auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui suit les effets indésirables du vaccin au Covid-19. Selon les données de l’ANSM concernant les 12-18 ans, "au 16 septembre, plus de 4,5 millions d’entre eux avaient reçu au moins une injection. Au total 591 cas, dont 206 graves, ont été rapportés.

Jusqu'à présent, un décès ayant un possible lien avec le vaccin été signalé à l'ANSM. L’enquête a conclu que ce décès était "en lien avec l’évolution d’une pathologie chronique déjà présente avant la vaccination", "aucun élément transmis [n’indiquant] un rôle potentiel du vaccin".

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