Covid-19 : l'épidémie n'est pas sans risque sur la santé des enfants à naître

Johanna Amselem
·3 min de lecture
A pregnant woman use surgical mask close her mouth and nose at home
A pregnant woman use surgical mask close her mouth and nose at home

Des chercheurs américains s’inquiètent des possibles répercussions d’une exposition au Covid-19 pendant la grossesse des bébés à naître.

Au mois de juillet, un premier cas de contamination intra-utérine au Covid-19 a été signalé par des médecins français. Si ces transmissions sont rares, le virus pourrait pourtant ne pas être inoffensif pour les bébés à naître. Selon une analyse publiée très récemment, l’exposition au Covid-19 pourrait poser un risque pour la santé et le vieillissement des enfants à venir.

Les professeurs d'université Eileen Crimmins et Caleb Finch de l'USC Leonard Davis School of Gerontology et la chercheuse en néonatologie de la Keck School of Medicine Molly Easterlin estiment que d'ici la fin de l’année 2020, environ 300 000 nourrissons devraient naître de mères infectées par le SRAS-CoV- 2. Des millions d'autres naîtront dans des familles qui ont connu un stress et des bouleversements énormes en raison de la pandémie (décès d’un proche, situation professionnelle bouleversée, etc).

Pour cette étude, les chercheurs ont étudié les conséquences causées par l’épidémie de grippe de 1918 et des maladies à coronavirus antérieures comme le SRAS en 2002 et le MERS en 2012. Bien que les effets à long terme du COVID-19 sur les nourrissons ne soient pas encore observables, les chercheurs ont observé les conséquences induites par la pandémie de grippe de 1918 et les maladies à coronavirus comme le SRAS en 2002 et le MERS en 2012.

Davantage de diabète

La pandémie de grippe de 1918 a eu des impacts à long terme sur la cohorte exposée in utero, qui a connu une mortalité adulte précoce et davantage de diabète, de cardiopathies ischémiques et de dépression après 50 ans. Il est possible que la pandémie de Covid-19 ait également des impacts à long terme sur la cohorte qui était in utero pendant la pandémie, de l'exposition à l'infection maternelle et/ou du stress de l'environnement pandémique. Les infections virales maternelles peuvent affecter les fœtus par de multiples voies, de la transmission directe par le placenta aux réponses inflammatoires qui perturbent le métabolisme in utero et affectent négativement la croissance”, soulève le Pr Finch. Les auteurs notent que les précédentes épidémies avaient également augmenté les accouchements prématurés et l’insuffisance pondérale à la naissance.

Nous suggérons que pour capturer les conséquences de l'exposition virale in utero pour le développement de l'enfance et la santé des adultes, les études de cohorte de naissance COVID-19 envisagent la collecte immédiate de données sur la mère, le fœtus, le nouveau-né et le placenta. Ces données initiales devraient être suivies d'une analyse de la croissance et du développement de l'enfant et d'une étude tout au long de sa vie sur la santé, les modèles de comportement et le fonctionnement cognitif”, précise le Pr Easterlin. Les chercheurs rapportent également des risques indirects liés à l’épidémie de Covid-19 et aux niveaux de stress, au chômage, à l’insécurité, etc. Les chercheurs ont également comparé la cohorte Covid-19 aux enfants nés avant l’épidémie. “Ces types de comparaisons donnent des informations supplémentaires au-delà des effets du Covid, comme les politiques socio-économiques et sociales qui peuvent réduire le risque de naissance prématurée”, rapporte l’étude.

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