Covid-19: la campagne de vaccination commencera dimanche dans l'UE

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L'apparition d'une nouvelle variante du coronavirus au Royaume-Uni a semé la panique dans le monde, des dizaines de capitales annulant les vols avec ce pays, qui se retrouve isolé. De son côté, l'exécutif français a annoncé ce lundi soir vouloir lancer sa campagne nationale de vaccination dimanche prochain, comme l'Allemagne et l'Espagne, dans le cadre d'une coordination européenne.

Les premiers vaccins contre le Covid-19 seront administrés dimanche 27 décembre en France, soit le premier jour du lancement dans l'Union européenne de cette campagne d'une ampleur inédite, ont annoncé ce lundi 21 décembre Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, et Olivier Véran, ministre de la Santé.

« Début de la campagne de vaccination française et européenne dimanche ! » après « les premières livraisons (...) cette semaine », a tweeté le ministre de la Santé Olivier Véran, juste après l'avis favorable de l'Agence européenne du médicament au vaccin développé par l'Américain Pfizer et l'Allemand Bio-NTech.

« La vaccination débutera dans les 27 pays de l'UE les 27, 28 et 29 décembre. À tous les sceptiques, à tous ceux qui en doutaient, l'Europe a montré qu'elle était bien plus qu'un grand marché : une communauté de destin », a twitté le Premier ministre Jean Castex après ce feu vert.

« La Commission, les États membres et la compagnie (Bio-NTech) travaillent maintenant pour une livraison des premières doses le 26 décembre », a précisé la Commission. Les livraisons se poursuivront ensuite, en décembre et durant les prochains mois, pour atteindre 200 millions de doses d'ici à septembre 2021.

Une procédure accélérée

Il faut habituellement une année à l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour homologuer un vaccin et cette fois-ci il s’est passé seulement 21 jours entre le dépôt officiel de la demande et le feu vert du comité pour les médicaments humains, souligne notre bureau à Bruxelles. En réalité, il faut tout de même ajouter deux mois puisque l’agence a commencé son étude avant le dépôt de la demande. Les données ont en effet commencé à être analysées en octobre. Les procédures ont été accélérées grâce à l’embauche de nombreuses personnes employées à encoder les données des tests cliniques, une tâche longue et fastidieuse.

La présidente de la Commission européenne elle aussi a fait en sorte d’accélérer les procédures administratives en obtenant de ses services en moins de trois heures une autorisation de mise sur le marché conditionnelle, c’est-à-dire avec une obligation pour les 27 capitales de l’UE de répertorier les effets secondaires.

« Début très progressif » de la vaccination

Après le Conseil des ministres, et avant le feu vert ce lundi soir 21 décembre de l'Agence européenne du médicament puis celui de la Commission européenne à la commercialisation du vaccin, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait confirmé que la campagne de vaccination débuterait par les maisons de retraite, pour le personnel et les pensionnaires. Environ un million de personnes sont concernées par cette première phase.

« Les réunions de préparation du lancement de la campagne vaccinale se tiendront toute la semaine avant un lancement européen prévu ce dimanche », a-t-il ajouté, précisant que d'autres étaient prévue « en début de semaine prochaine ».

Mais ce sera « un début très progressif », a souligné Olivier Véran sur Europe1. Selon lui, il n'y a « a priori » pas de raison « de penser que les vaccins seraient moins efficaces » contre le nouveau variant. Il n'a pas écarté que ce nouveau variant, surtout présent en Grande-Bretagne « circule » également en France. Emmanuel Macron, qui présente « encore de symptômes » du Covid-19, s'est inquiété d'une « mutation problématique du virus avec une forme beaucoup plus agressive » qui justifie, selon lui, la suspension pour 48 heures de toutes les arrivées en provenance du sol britannique décidée la veille par Paris et plusieurs pays européens.

« C'est une situation exceptionnelle qui nous a amenés à prendre cette décision rapide et qui doit nous amener à redoubler de vigilance sur l'évolution » du virus, a ajouté le président, vêtu de noir et portant un masque, depuis la résidence officielle de La Lanterne, à Versailles, où il est toujours à l'isolement après avoir été testé positif jeudi au Covid-19.

Des études sont en cours pour identifier plus précisément les propriétés de la nouvelle souche. Pour le Professeur Jean-Daniel Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Henri Mondor à Créteil (banlieue parisienne), il n’y a pas d’inquiétude particulière à avoir pour l’instant, et il rappelle que, comme d’autres virus, le SARS-CoV-2 mute naturellement.

Gabriel Attal a précisé à l'issue du Conseil que l'exécutif allait assurer un « suivi aigu et permanent de la circulation du virus » et qu'une nouvelle réunion sur la situation sanitaire devait se tenir « au début de la semaine prochaine » autour du président. Selon une source gouvernementale, elle devrait prendre la forme d'un Conseil de Défense sanitaire.

Il a précisé que l'état de santé d'Emmanuel Macron, qui a fêté ce lundi ses 43 ans à l'isolement à La Lanterne, était « stable », après la diffusion exceptionnelle de déclarations du chef de l'État pendant le Conseil des ministres en visioconférence.

La suspension des déplacements a été annoncée dimanche à l'issue d'un Conseil de défense sanitaire extraordinaire et intervient dans la foulée de mesures similaires prises par la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie, l'Allemagne, le Luxembourg ou l'Irlande, alors qu'une mutation du virus responsable du Covid, le SARS-CoV-2, a été détectée outre-Manche, considérée par Londres comme « hors de contrôle » sur son territoire. Mais pas au niveau mondial, a souligné lundi l'OMS.

Rapatriements

« Nous nous donnons les moyens, avec la suspension du passage des frontières pendant 48 heures, de bâtir un protocole sanitaire qui devrait permettre à nos compatriotes qui sont aujourd'hui en Grande-Bretagne et qui avaient prévu de rentrer en France pour passer les fêtes, de le faire avec des nouvelles règles sanitaires qui sont en train d'être discutées et d'être construites », a expliqué Gabriel Attal.

L'Union européenne doit tenter d'harmoniser mardi les mesures décidées par les États membres pour empêcher les arrivées depuis le Royaume-Uni, alors que la fermeture des frontières a donné lieu à des scènes de chaos avec des passagers bloqués dans les aéroports et des chauffeurs routiers coincés au Royaume-Uni.

Les bourses européennes ont dévissé lundi en raison des craintes liées à cette mutation : à la clôture, la place parisienne a cédé 2,43%. Les marchés ont également plongé à l'échelle européenne, de Londres à Francfort en passant par Milan, et reculaient nettement à la mi-séance à Wall Street.