Covid-19 : le coût faramineux des contrats passés avec des cabinets de conseil privés

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Emmanuel Macron en juin 2016 lors d'un colloque organisé par l'Institut Montaigne et le McKinsey Global Institute.

28 contrats ont été passés avec 7 cabinets différents depuis le début de la pandémie, dont un de plus de 3 millions d'euros au cabinet McKinsey concernant la stratégie vaccinale.

Le recours du gouvernement à des cabinets de conseil privés dans la lutte contre le Covid avait fait grincer des dents. Le coût de ces 28 contrats passés avec sept cabinets différents est désormais public, et ne laisse pas les médecins indifférents.

Au total, plus de 11 millions d'euros ont été dépensés par le ministère de la Santé dans ces contrats avec des cabinets de conseil privés dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Les montants de ces contrats ont été publiés par la députée LR Véronique Louwagie, membre de la commission des finances, et mis en ligne sur le site de l'Assemblée.

Des médecins choqués par de tels montants

Des montants qui choquent certains médecins dont Jérôme Marty, président du syndicat UFML, qui met en avant l'argent dépensé alors que certains médecins sont morts faute d'équipement contre le Covid-19.

Capture Twitter
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On y découvre par exemple que le contrat le plus onéreux, signé avec le cabinet américain McKinsey, a coûté plus de 3,2 millions d'euros pour la sous-traitance de la logistique du plan de vaccination.

Plus d'un million d'euros pour la gestion des masques

Autres contrats aux montants particulièrement commentés, ceux datant du début de la pandémie, passés avec le cabinet Citwell, pour un total de plus d'un million d'euros concernant la gestion des masques. Un coût dénoncé par plusieurs médecins quand on connait l'échec du gouvernement sur la gestion du stock de masques au début de la pandémie, avec l'échec que l'on sait.

Michaël Rochoy, médecin généraliste qui militait pour un port généralisé du masque en population, rappelle que l'Académie de médecine a rendu quatre avis sur les masques, dont un appelant dès le mois d'avril à porter un masque. "Vous n'aviez qu'à lire stop-postillons ou écouter l'académie de médecine", écrit le médecin généraliste, cofondateur de Stop-postillons.

Capture Twitterr
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1,2 million pour la "gestion de la troisième vague"

Un autre contrat est particulièrement commenté, celui en date du 14 janvier 2021, signé entre le ministère de la Santé et Citwell, pour plus d'1,2 million d'euros et qui visait notamment à la "gestion de la troisième vague". Un contrat largement critiqué en raison de la "gestion de la troisième vague" que de nombreux médecins critiquent, en raison notamment de la décision répétée du gouvernement de ne pas vouloir confiner.

Si ces contrats avec des cabinets de conseils ont été signés dès le début de la crise, leur existence a été révélée par le Canard Enchaîné et Politico début janvier, qui ont dévoilé l'existence d'un contrat pour sous-traiter la stratégie vaccinale, signé avec le cabinet Mc Kinsey.

La proximité entre Macron et le cabinet McKinsey

Des révélations qui ont fait polémique, notamment en raison des liens étroits entre Emmanuel Macron et le cabinet McKinsey. Dans un article consacré, Le Monde pointait du doigt un "entre-soi qui dérange", en référence notamment aux liens entre Thierry Cazenave, nommé par Emmanuel Macron et qui supervise toutes les missions commandées aux cabinets de conseil privés comme McKinsey, et Karim Tadjeddine, chargé de ces missions pour l'État au sein du cabinet américain.

Autre élément dérangeant, les "MacronLeaks" ont révélé la collaboration entre des membres de McKinsey et la République en Marche durant la campagne de 2017, rapporte Le Monde. Même si cette collaboration n'a donné lieu à aucune facture dans les comptes de campagne du parti.

"Ce qui me gêne, c'est la fréquence et le montant"

Interrogé par des députés de l'opposition à l'Assemblée, Olivier Véran a rappelé qu'il était "tout à fait classique et cohérent de s'appuyer sur l'expertise du secteur privé". De son côté, la députée LR, Véronique Louwagie, membre de la commission des finances, est plus nuancée.

"Ce qui me gêne c'est la fréquence et le montant. Il y a des opérations qui auraient pu relever de l'administration de la Santé (...) cela ne va pas de soi même en temps de crise", a ajouté la députée de l'Orne, qui estime que "l'État s'est désarmé en matière sanitaire".

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