Covid-19 : le coupable des caillots de sang identifié

Julie Kern, Rédactrice scientifique
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Le syndrome des antiphospholipides (ou SALP) est une maladie auto-immune acquise dans laquelle des autoanticorps (des anticorps dirigés contre le « soi » au lieu du « non-soi ») s’attaquent aux phospholipides des membranes cellulaires et aux protéines qui s’y fixent. Cela se traduit par la formation de caillots de sang dans les systèmes artériels et veineux. Dans sa forme la plus grave et mortelle, le SALP provoque une défaillance multi-organe qui touche préférentiellement les reins, les poumons, le cerveau, le cœur et la peau.

La Covid-19 est une maladie aux mille visages. L’un d’entre eux prend la forme de caillots de sang qui obstruent les vaisseaux sanguins, même les plus fins, des poumons et des autres organes. Ces manifestations thromboemboliques sont documentées de plus en plus souvent depuis le mois d’avril chez les patients en état critique.

Dans une étude récente, parue dans Science Translational Medicine, des chercheurs américains et chinois ont fait le lien entre les thromboses observées chez les patients Covid et le SALP. En effet, la présence du coronavirus et l’état inflammatoire global qu’il déclenche auraient engendré la présence d’autoanticorps caractéristiques du SALP.

Des autoanticorps chez les patients Covid-19

Les autoanticorps caractéristiques du SALP, appelés aPL, sont des anticorps dirigés contre la cardiolipine (notée CL, un phospholipide anionique utilisé dans les tests de dépistage du SALP), la bêta-2-glycoprotéine 1 (notée aussi aB2GPI, cofacteur des aPL), la phosphatidylsérine/prothrombine (notée PS/PT, le premier est un phospholipide constituant des membranes plasmiques et le second, un des facteurs de coagulation). La présence persistante d’anticorps anticardiolipine et anti-aB2GPI permet de poser le diagnostic du SALP.

Les scientifiques ont recherché huit types différents d’aPL dans le sérum de 172 patients hospitalisés avec la Covid-19. Parmi cette cohorte, 89 patients ont bel et bien des aPL dans le sérum, soit 52 % de l’effectif....

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