Covid-19 : comment la Chine a-t-elle évité une seconde vague ?

Dès l'apparition de nouveaux cas dans les villes chinoises, les autorités locales organisent des campagnes de dépistage massif sur l'ensemble la population en quelques jours.

Alors que l’Europe est actuellement frappée de plein fouet par une seconde vague de l’épidémie de Covid-19, la Chine semble avoir réussi à éviter cette situation. Explications.

L’Europe est dans une situation critique. Depuis quelques semaines, l’épidémie de Covid-19 revient en force sur le Vieux Continent et plusieurs pays se voient obligés d’imposer de nouvelles mesures drastiques. Nombreux sont les médecins à déclarer que cette seconde vague pourrait être pire que la première.

Pendant ce temps là, en Chine, là où tout a débuté en décembre 2019, l’épidémie de Covid-19 semble être un temps révolu. Preuve en est avec l’économie du pays qui a déjà retrouvé son niveau d’avant le Covid, puisque son PIB a augmenté de 0,7% depuis le début de l’année, comme le relaie Les Échos. Le pays est d’ailleurs la seule grande puissance économique à ne pas connaître une baisse du PIB pendant deux trimestres consécutifs, toujours selon le site d’information économique. Depuis cet été, la deuxième puissance économique mondiale a donc repris des couleurs et les Chinois reprennent leur vie d’antan.

Des mesures drastiques dès la fin de la première vague

Il faut dire que les méthodes du gouvernement chinois pour lutter contre le coronavirus ont été quelque peu différentes de celles que nous avons pu observer en Europe. Si la Chine a été accusée par de nombreux spécialistes dès le mois de mars de mentir sur le nombre de morts du nouveau coronavirus, il semble bien qu’aujourd’hui l’épidémie ait été maîtrisée.

À la mi-avril, alors qu’on disait la première vague terminée dans le pays, 46 nouveaux cas de contamination au Covid-19 ont été annoncés dans la province de Heilongjiang, au nord-est du pays. Immédiatement, le pays décidait de fermer ses frontières avec la Russie. Une décision qui intervenait quelques jours après le confinement de toute une ville de la région, Suifenhe, après que 79 nouveaux ont été enregistrés en une journée. Toutes les liaisons aériennes avaient également été réduites par Pékin, qui refusait d’accueillir les étrangers.

Les Chinois plus méfiants face au Covid-19

Lors de cette même période, pour rejoindre les autres villes du pays, les voyageurs chinois devaient être munis d’un test sérologique et devaient être placés sous quarantaine pendant au moins quatorze jours. Ce n’était par exemple pas le cas de la France où la circulation à l’intérieur du pays était totalement libre cet été.

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De plus, comme l’affirmait à France Info Philippe Klein, un médecin français travaillant à Wuhan, même sans tenir compte des mesures drastiques imposées par le gouvernement les Chinois sont restés méfiants face à la maladie. “Il y a une sorte d’autoconfinement des gens qui attendent de voir comment l'épidémie évolue”, clamait-il.

Une politique de dépistages massifs

Au mois de mai, après l’apparition de 5 nouveaux cas dans la ville de Wuhan, berceau de l’épidémie, la Ville a immédiatement prévu de dépister l’ensemble de la population qui est de 11 millions d’habitants. Le mois suivant, après la découverte de 36 nouveaux cas de personnes ayant fréquenté un marché alimentaire à Pékin, 21 zones de la ville ont été placées en quarantaine et 24 points de dépistages supplémentaires ont été installés dans la ville.

Cette technique de dépistage massif est encore d’actualité dans le pays. Après la découverte début octobre de six cas d’origine locale à Qingdao, les autorités ont décidé de lancer une campagne massive de dépistage de la totalité de la ville de 9 millions d’habitants “sous cinq jours”, d’après les informations du Parisien. Il en est de même en ce moment même dans le Xinjiang, où 137 nouveaux cas ont été découverts.

À peine les premiers cas de coronavirus détectés, les autorités chinoises ont pris les mesures nécessaires pour contrôler ces nouveaux cas et empêcher la flambée des cas, là où la plupart des pays européens s’y sont pris trop tard et se sont vite retrouvés dépassés.

La Chine critique la gestion de l’Europe

Selon la Chine, les pays européens ont montré trop de laxisme en matière de santé publique et de mesures de quarantaine. Les experts chinois estiment que la deuxième vague de l’épidémie en Europe pourrait être liée à une “lassitude du nouveau coronavirus”, comme le révèle un article publié par le site News Sina traduit par France Soir. Les gouvernements ayant rapidement assouplis leurs mesures anti-épidémiques, c’est tout naturellement qu’il y a eu un relâchement de la part des populations estiment les experts chinois, notamment dans les villes densément peuplées comme Madrid, Barcelone, Paris, Londres ou Vienne.

Le site chinois met en avant la reprise rapide de l’activité économique, notamment du tourisme, où la Grèce, la Croatie ou encore la Côte d’Azur ont accueilli de nombreux touristes. L’insouciance de la jeunesse face à la maladie est également évoquée pour expliquer l’augmentation de la propagation du virus. Une jeunesse qui doit “porter le blâme” pour cette reprise épidémique.

Pas de bons résultats sans confinement ?

Un “syndrome de fatigue pandémique”, comme le qualifie le chercheur en politique de santé à l’Université de Harvard Thomas Tsai, qui coûte cher à de nombreux pays d’Europe qui cherchent à maintenir un équilibre entre l’économie et la santé. Mais les résultats prouvent qu’il est compliqué que l’économie et la santé se portent bien dans un pays avec de telles méthodes.

Jusqu’ici, les pays qui ont obtenu de bons résultats ont prouvé que cela passait par des mesures de confinement, accompagnées du respect du port du masque et de la distanciation sociale, concluent les experts chinois.

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