Covid-19 : cinémas, universités, entreprises... ce que les autotests pourraient changer

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Un auto-test en Allemagne / illustration

Ces tests à réaliser soi-même doivent être commercialisés dès cette semaine, à moins de 10 euros l'unité, a annoncé Jérôme Salomon, Directeur Général de la Santé.

Une arme supplémentaire dans la lutte contre le Covid-19. Apres l'Allemagne, la Suisse, le Royaume-Uni ou encore l'Autriche, la France va autoriser la commercialisation des autotests antigéniques, des tests à réaliser à domicile pour savoir si l'on est positif au coronavirus.

Un dispositif réclamé depuis des mois par plusieurs médecins et qui pourrait changer radicalement certaines situations, à condition qu'ils soient utilisés à bon escient. "Ces auto-tests peuvent permettre de contrôler l'épidémie au sein des groupes stables, c'est-à-dire qui se côtoient fréquemment comme dans les universités ou le personnel d'une entreprise", explique le docteur Jérôme Marty, "mais à condition de faire ces tests de manière répétée, une fois par semaine par exemple, sur l'ensemble de la population visée".

VIDÉO : les autotests arrivent, mais dans quelles conditions ?

"Des auto-tests chaque semaine pour sécuriser universités et entreprises"

C'est l'une des principales caractéristiques de ces autotests. Contrairement aux tests PCR, ils peuvent être réalisés en dehors des laboratoires ou des pharmacies, et sont moins désagréables. Les autotests ne nécessitent pas de prélèvement naso-pharyngé mais uniquement à l'intérieur de la narine, un mode de prélèvement plus facile à réaliser soi-même.

Comme les tests antigéniques actuels, les autotests garantissent un résultat rapide, en moins de 30 minutes. "On peut imaginer un autotest réalisé avant l'entrée à l'université ou dans l'entreprise, tous les lundis matin par exemple. Cela permettrait d'écarter les cas positifs et donc le risque de clusters au sein de ces lieux", ajoute le président du syndicat UFML.

"Permettre de réouvrir cinémas et stades"

Une fois le prélèvement réalisé, l'autotest est placé dans un tube à réactif puis le résultat est donné sous la forme d'une bandelette qui se colore, comme pour les tests de grossesse. "Ces autotests peuvent aussi s'inscrire dans le protocole de réouverture des lieux culturels et sportifs. Un autotest pourrait être obligatoire à l'entrée d'un cinéma ou d'un stade par exemple", ajoute Jérôme Marty qui explique que cela pourrait sécuriser ces lieux, dont la fermeture est de moins en moins acceptée par les professionnels du secteur.

Des tests qui peuvent être également particulièrement utiles dans le cadre privé. “Pour un mariage ou une fête de famille, tous les invités font le test eux-mêmes juste avant la fête, et n’y vont pas s’ils sont positifs”, nous détaillait le médecin Yvon Le Flohic dans un précédent article. Une stratégie qui reposerait toutefois sur une stricte discipline de la population.

VIDÉO : Philippe Juvin : "Tout le monde devrait pouvoir se tester tous les jours chez soi avec des auto-tests" :

Des tests moins fiables

Mais ces tests sont moins fiables, 71,1% selon une étude allemande contre 98% de fiabilité pour les PCR. "Aucune mesure n'est parfaite, mais elles sont complémentaires. Mais sur le volume de tests réalisés et en maintenant les gestes barrières comme le port du masque, les autotests peuvent permettre de réduire les clusters s'ils sont faits de manière répétée", ajoute le médecin généraliste Jérôme Marty.

Des tests qui ont tout de même un coût. En Allemagne, où les autotests sont très demandés, la chaîne de supermarché Lidl les vend 21,99€ quand son concurrent Aldi les propose à 24,99€, soit environ 5 euros l'unité. Jérôme Salomon, le Directeur Général de la Santé a assuré sur BFMTV dimanche qu'ils seraient vendus à "moins de 10 euros l'unité", en officine ou dans les supermarchés, d'ici la fin de semaine.

Permettre un isolement plus rapide

Si les tests PCR et antigéniques sont remboursés intégralement par l'Assurance maladie, la décision d'un éventuel remboursement pour les autotests n'a pas été prise par les autorités. "Il faut éviter une sélection par l'argent si l'on rend obligatoires les autotests à l'entrée des cinémas par exemple. L'autotest devrait être inclus dans le billet sans augmentation du prix", prône Jérôme Marty.

Autre avantage non négligeable de ces tests, permettre un isolement plus rapide des malades. On compte en moyenne deux jours entre l'apparition des premiers symptômes et le test en laboratoire, ainsi qu'au moins 24 heures entre le test et le résultat. Avec des autotest, les malades pourraient se tester eux-mêmes dès les premiers symptômes, et s'isoler en cas de résultat positif. Une stratégie qui repose sur le respect des mesures par la population. La Haute autorité de santé doit fixer les conditions d’homologation des autotests, avant leur autorisation par le gouvernement.