Covid-19 en Chine: le personnel des centres d'isolement proteste contre ses conditions de travail

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Face à la vague Omicron, les autorités ont mis en place des mesures drastiques pour contenir l’épidémie, dont l’isolement des cas positifs dans d'immenses centres de quarantaine collective, où certains agents d’entretiens se plaignent de leurs conditions de travail.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

« Frères, les centres de quarantaine exploitent les volontaires et une partie d’entre eux protestent », peut-on entendre sur l’une des nombreuses vidéos qui ont envahi le réseau Douyin, l’équivalent de TikTok en Chine, ces derniers jours. Des images qui montrent notamment des personnels d’encadrements en gilet jaune interpellant les employés : « Vous vous êtes rassemblés pour réclamer 500 yuans -70 euros- par jour, c’est impossible ! C’est 300, ou la porte ! »

Sauf que partir est impossible. Face à l’explosion des cas de contamination, les autorités ont besoin de plus en plus de place. Après les centres d’exposition et les gymnases, des résidences privées et même des tours de bureaux sont réquisitionnées pour être transformées en gigantesques dortoirs collectifs pour asymptomatiques, les « Fāngcāng yīyuàn », littéralement des hôpitaux provisoires pouvant accueillir des dizaines de milliers de patients atteints du Covid-19.

« On est piégé, ils ne veulent pas nous laisser partir »

Outre les personnels soignants qui participent à la lutte contre l’épidémie, des agents d’entretien et des personnels de gardiennages sont recrutés, y compris à l’extérieur de Shanghai. Ce sont eux que l’on voit protester sur ces vidéos parfois difficiles à localiser. Des volontaires qui disent que leur contrat n’est pas respecté et émettent des revendications salariales face aux risques de contaminations. Les repas en centre de quarantaine sont facturés 30 yuans (près de 4,5 euros) se plaignent notamment les concernés.

« Tous les gens que vous voyez ici rassemblés veulent s’en aller, explique une femme en combinaison de protection blanche et masque bleu; On nous a dit au départ qu’on devait nettoyer les abords du centre de quarantaine, mais maintenant ils nous demandent de travailler à l’intérieur 12 heures par jour. Nous avons appelé la police et le "12345", numéro destiné à résoudre les problèmes entre citoyens. On est piégé, ils ne veulent pas nous laisser partir », entend-on dans ces vidéos. Et étant potentiellement au contact de cas positifs, ces agents recrutés par des sous-traitants privés ne peuvent pas rentrer chez eux. Une colère qui s’ajoute au mécontentement général.

Face aux critiques sur ce confinement qui dure depuis le début du mois à Shanghai, la mairie a légèrement assoupli les restrictions. Depuis mercredi, près de la moitié des 25 millions d’habitants de la ville peuvent sortir de leurs appartements, mais en restant à proximité de leur habitation dans des rues aux commerces fermés.

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