Covid-19 en Chine: des étudiants de Pékin manifestent leur mécontentement

Campus en colère contre le confinement. Près de 300 étudiants de l'université de Pékin se sont rassemblés dimanche soir pour dénoncer la mise en place de palissades les empêchant de sortir de leur dortoir. Les images ont été supprimées par la censure ce lundi 16 mai.

De notre correspondant à Pékin,

« Même lieu d'habitation, mêmes droits ! », clament les étudiants sur la vidéo partagée dimanche soir par un professeur adjoint de l'Université de Beida, à Pékin.

La grogne monte depuis une semaine sur le site de Wanliu, l'un des deux campus de cet établissement d'élite, qui comme toutes les universités chinoises par temps de Covid, enferment les élèves dans leurs dortoirs.

C'est apparemment l'installation d'une palissade métallique empêchant les élèves de sortir et de commander leurs repas qui a déclenché la colère.

Un principal adjoint est intervenu, mégaphone à la main, leur demandant de rentrer dans leurs pénates et promettant de faire tomber le mur. La direction de l'université leur aurait également promis de pouvoir circuler et d'accéder aux livraisons de repas.

Sur les réseaux, certains ont remis en cause la sécurité de cette barrière métallique : « Que feront les pompiers en cas d'incendie ? », selon la copie écran envoyée par une étudiante.

D'autres ont critiqué le « deux poids deux mesures » des restrictions Covid, quand certains sur le campus, et notamment les enseignants, peuvent sortir à leur guise, alors que d'autres non.

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Peut-être afin d'éviter que le mouvement de Beida ne donne des idées à ses élèves, ce week-end, la tout aussi prestigieuse Université de Tsinghua, à Pékin, a fait savoir que désormais, professeurs et étudiants seraient logés à la même enseigne, question confinement.

La question universitaire est particulièrement sensible à l'approche de l'anniversaire de la répression de Tiananmen, le 4 juin prochain. La grogne aurait entraiîé l'intervention de la police il y a six jours, selon d'autres vidéos.

Le pouvoir central s'inquiète également d'une transmission des mécontentements entre les confinés de Shanghai et les nouveaux confinés de Pékin.

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Pas question de se laisser confisquer sa liberté, disaient certains messages aujourd'hui supprimés dans une capitale chinoise, où pour l'instant l'épidémie se maintient autour de 50 nouveaux cas par jour.

Cette grogne étudiante contre le « zéro Covid » et le confinement n'est pas nouvelle. À l'automne 2020, des élèves n'avaient pas hésité à faire le mur de leur établissement scolaire pour les vacances de la fête nationale, après des mois d'enfermement.

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