Covid-19 : des chercheurs alertent sur la consommation de somnifères

Ingrid Bernard
·3 min de lecture
Covid-19 : des chercheurs alertent sur la consommation de somnifères

Une étude menée par des chercheurs de l’Université d'Ottawa révèle que 50% des personnes interrogées souffrent d’insomnies et de troubles anxieux depuis le début de l’épidémie de Covid-19. D’où une surconsommation de somnifères.

Les études ne cessent de le démontrer : le moral de la population mondiale a été fortement impacté depuis le début de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19. Et ce, quelque soit l’âge… Face à la recrudescence de troubles anxieux, les spécialistes ne cessent d’appeler à la plus grande vigilance. Car à long terme, cela peut avoir de graves conséquences sur la santé mentale. Un autre indicateur inquiète les médecins : la forte augmentation de consommation de somnifères au cours de cette dernière année, rapporte une étude publiée dans le Journal of Sleep Research.

Des chercheurs de l’Université d’Ottawa ont mené une vaste enquête auprès de 5525 Canadiens durant la première phase de l’épidémie. Ils ont constaté que le Covid-19 avait provoqué de graves troubles du sommeil chez la moitié des personnes interrogées. “Nous avons identifié trois types de profils : ceux qui dorment plus, ceux dont l’horaire de sommeil a été repoussé à des heures de coucher et de réveil tardives et ceux qui dorment moins qu’avant la pandémie”, a expliqué Rébecca Robillard, chercheuse, professeure adjointe et codirectrice du Laboratoire du sommeil de l’Ecole de psychologie à l’Université d’Ottawa et auteure principale de l’étude. Un changement de rythme de sommeil qui a entraîné une augmentation des symptômes d’insomnie ainsi que de stress, d’anxiété et de dépression.

Des alternatives naturelles

Certaines personnes seraient davantage susceptibles de développer des troubles du sommeil. “Ils semblent affecter de manière disproportionnée les femmes, les personnes ayant des familles et des responsabilités familiales”, a indiqué la chercheuse, avant de préciser que “les employés et les personnes souffrant de maladies chroniques”, étaient également particulièrement touchées par cette problématique. “Ces troubles ont également eu un impact sur les personnes ayant des heures de réveil plus précoces, des niveaux de stress plus élevés, une plus forte consommation d’alcool et d’exposition télévisée”.

Pour améliorer la qualité de leur sommeil, les individus auraient donc tendance à avoir recours à la consommation de somnifères. Rébecca Robillard alerte sur le fait que leur consommation excessive risque d’engendrer une augmentation des cas d’insomnies chroniques encore plus complexes à régler sur le long terme. “Il est important d'intervenir pour faire face au phénomène unique auquel nous sommes confrontés actuellement”, estime la chercheuse qui propose des alternatives naturelles aux médicaments : se lever à la même heure chaque matin, quelque soit l’heure du coucher, développer des rituels relaxants avant de s’endormir comme la lecture, éviter la caféine et l’alcool dans les six heures précédant le coucher, ne pas fumer au moment du coucher, pratiquer une activité sportive régulière tout en évitant les excès dans les deux-trois heures avant d’aller au lit.

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