Covid-19: les chercheurs africains absents des principales revues médicales

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Sur plus de 2000 articles publiés entre le début de la pandémie et septembre dernier, seuls 4% ont été rédigés par des chercheurs africains, constate une étude parue dans la revue britannique British Medical Journal. Une absence qui risque de fragiliser la réponse à la pandémie sur le continent.

Si l’Afrique a historiquement été à la traîne en matière de recherche scientifique à cause d’un manque de moyens, le British Medical Journal souligne que les articles sur l’évolution du virus sur le continent africain sont de façon écrasante rédigés par des chercheurs qui n’y ont jamais mis les pieds.

Une situation d'autant plus gênante, selon la revue britannique, que les chercheurs africains auraient bel et bien leur mot à dire, notamment sur la deuxième vague qui frappe actuellement le continent, touchant près de quatre millions de personnes.

D'après les auteurs de l'étude, la conséquence est que les solutions proposées pour freiner ou stopper la pandémie sont inadaptées, car elles sont souvent formulées sur la base de modèles qui ne tiennent pas compte des réalités du terrain en Afrique, mieux connues par les scientifiques locaux que par leurs homologues étrangers.

Le British Medical Journal souligne l'importance de la contribution des chercheurs africains pour servir de boussole aux politiques de santé. Trois pays l’ont compris : l'Afrique du Sud, l'Égypte et le Nigeria sont par exemple à l'origine de deux tiers des publications des chercheurs africains sur le Covid. Mais ce nombre demeure largement insuffisant, laisse entendre le British Medical Journal.

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Alors pour combler ce manque, il faut réformer le fonctionnement des revues scientifiques et les rapprocher des mondes universitaires africains. Tel est l'un des axes que défend Lee Wallis, professeur à l'université du Cap et co-auteur de cette étude.