Covid-19: le Cern instaure le port d’un «proximètre» pour faire respecter les gestes-barrières

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Face aux différents déboires autour de la vaccination en Europe, les gestes-barrière restent l’arme principale contre le Covid-19. À la frontière franco-suisse, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (Cern) pense avoir trouvé un outil pour les faire respecter : un proximètre. Tous ceux en présentiel doivent porter ce boitier qui vibre dès qu'on s'approche trop d'une autre personne. Si cela peut sembler intrusif, le dispositif est surtout très efficace.

Avec notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

« Là, je suis à 1,95m de vous et le boitier me rappelle qu’on n’est pas à 2m l’un de l’autre. » Jacques Fichet s'est très vite familiarisé avec le proximètre. Comme tous les employés du Cern, il doit souvent porter un dosimètre pour mesurer la radioactivité reçue dans certains laboratoires. Alors un boitier de plus, ce n'est pas la mer à boire, opine-t-il : « Ce n’est pas plus compliqué qu’un smartphone qui vibre dans la poche quand on sonne. Au début, les smartphones étaient gênants quand ça sonnait en public et puis, maintenant, on est habitués à ce que ça sonne en public ».

Le proximètre vibre dès que son porteur reste plus de 30 secondes à moins de deux mètres d'une autre personne. Un peu déroutant au début, concède Rachel Bray, mais finalement très utile. « Cela nous entraîne aussi à mieux savoir garder nos distances, explique-t-il, également employé au Cern. J’ai remarqué que je ne me mets pas trop proche des gens, maintenant. »

Les données des boitiers sont transmises au service médical, qui doit gérer une dizaine de cas positif chaque semaine au Cern. Près de 11 000 personnes y travaillent en temps normal et le proximètre est l'une des garanties de leur retour en présentiel, selon le chef de l'unité santé et sécurité au travail, Christophe Delemare : « L’intérêt sera encore plus fort dans la situation intermédiaire et avec beaucoup plus de monde au Cern. Peut-être qu’il y aura des gens qui auront marre du port du masque, donc le fait d’avoir ça pourra nous permettre d’identifier à nouveau des situations à risque. »

Et le dispositif a déjà fait ses preuves : plusieurs cas contacts ont été avertis grâce aux données récupérées sur leur proximètre.

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