Covid-19: catastrophe dans les Antilles, amélioration dans l’Hexagone, les courbes pour comprendre

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Les indicateurs de la circulation du Covid-19 sont relativement bons avant la rentrée en métropole (image d'illustration). (Photo: Le HuffPost/Getty)
Les indicateurs de la circulation du Covid-19 sont relativement bons avant la rentrée en métropole (image d'illustration). (Photo: Le HuffPost/Getty)

CORONAVIRUS - D’un côté, une rentrée en “présentiel”. De l’autre, pas de rentrée du tout. Ce lundi 30 août, de nombreux Français retrouvent peu à peu le chemin du travail sans aucun jour de télétravail imposé aux entreprises, a annoncé la ministre du Travail Elisabeth Borne. Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

Si pour cette deuxième reprise depuis l’avènement du Covid-19, la pandémie semble contenue dans l’Hexagone, tenue à distance par les vaccins, elle poursuit sa course effrénée dans les Antilles et en Polynésie française. Le HuffPost fait le point sur les données disponibles.

Les hôpitaux tiennent en métropole

À l’échelle nationale, le nombre de patients hospitalisés est stable. Ils étaient 11.092, le 29 août 2021, selon Santé Publique France. Ce chiffre n’a augmenté que de 4% par rapport à la semaine dernière. La surcharge hospitalière n’est toujours pas d’actualité sur le continent, mais la tension reste forte selon les territoires.

Ainsi, loin d’avoir profité de la saison estivale pour obtenir un peu de répit, les hôpitaux du Sud et du Sud-Ouest de l’Hexagone ont été particulièrement sollicités cet été, recevant de nombreux malades du Covid-19 en villégiature. Les départements de Corse, du Vaucluse, du Var, des Bouches-du-Rhône ou encore des Alpes-Maritimes sont les plus touchés.

Sur l’Île de Beauté, 83% des lits en réanimation sont occupés. Pour les départements du Sud, le taux d’occupation est d’environ 74%. Il plafonne à 65% dans le Sud-Ouest. Mais dans le reste de l’Hexagone, ces taux ne dépassent pas les 40%.

L’effet vaccin, selon Véran

Les hôpitaux tiennent en métropole. L’effet vaccin, selon Olivier Véran. Dans son dernier point sur l’épidémie, jeudi 26 août, le ministre de la Santé expliquait que la couverture vaccinale actuelle - 85% des 18 ans et plus ont reçu au moins une dose de vaccin - a permis de “traverser l’été sans reconfiner”.

Incidence en baisse...

En évitant la plupart des formes graves et en réduisant les contaminations, les vaccins ont limité l’impact de la 4e vague sur le système hospitalier. Le retour des vacanciers et le brassage dans les bureaux et les salles de classe pourraient écourter cette relative accalmie.

Mais en attendant, les indicateurs sur la circulation de l’épidémie sont au vert à l’échelle nationale. Parmi les 4 millions de tests réalisés chaque semaine environ -nous n’avons jamais autant testé-, 2,9% s’avèrent positifs, contre 4,4% au plus fort de la vague de contamination durant les vacances scolaires.

Le nombre de personnes déclarées positives à J-3 est de 18,400. C’est élevé. Mais c’est en dessous des 25.000 atteints mi-août. Ainsi, la population française se contamine de moins en moins. L’incidence nationale diminue le 15 août.

... même chez les jeunes


L’incidence décroît chez les 10-29 ans. Cet été, cette tranche d’âge était pourtant celle qui se contaminait le plus. Les jeunes sont moins vaccinés et ont beaucoup de relations sociales.

Si la décrue observée tout au long du mois d’août est une très bonne nouvelle, les épidémiologistes craignent une recrudescence des cas, notamment à cause de la rentrée scolaire, en présentiel, dans des lieux clos propices à la circulation du virus et alors que les mineurs sont peu ou pas vaccinés.

L’incidence chez les jeunes sera scrutée par experts et décideurs durant les prochaines semaines. Si ces chiffres repartent à la hausse, cela pourrait annoncer une nouvelle vague dans l’ensemble de la population.

Situation critique en Outre-mer

En réalité, le bilan national est gonflé par la situation en Outre-mer. En Martinique, en Guadeloupe, le système de soins est au bord de l’implosion, malgré le déplacement de malades vers le continent. Dans ces territoires, moins de 35% de la population a reçu au moins une dose de vaccin.

En Martinique, il y a 5 fois plus de personnes en réanimation que de lits disponibles en théorie. Le taux d’occupation est de 562% et il augmente de 89% cette semaine, comparée à la précédente. Bilan comparable en Guadeloupe, avec 267% des places en réanimation occupées, et une hausse de 29% sur 7 jours.

Pourtant, ces territoires sont confinés. La rentrée scolaire y est décalée au 13 septembre, tout comme dans certaines zones en Guyane, qui affiche un taux d’occupation en réanimation de 169, en hausse de 11%.

Dernier territoire a avoir subi une recrudescence du nombre de cas de Covid-19, la Polynésie, collectivité d’Outre-mer actuellement dans une situation catastrophique, “un véritable drame sanitaire” selon le Conseil scientifique pourtant peu habitué aux superlatifs.

Le taux d’incidence y est de 3000. C’est deux fois plus qu’en Martinique. Peu vaccinés et avec une proportion de personnes présentant des comorbidités plus forte que dans l’Hexagone, le taux de mortalité du Covid-19 y est 36 fois plus important.

Relative bonne nouvelle, le confinement ajouté à une couverture vaccinale de l’ordre de 40%, environ deux fois plus qu’en Martinique et en Guyane, permet en revanche à la Réunion de tenir: le taux d’occupation en réanimation est de 85%, en baisse de 8,8% par rapport à la semaine dernière.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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