Covid-19: nos cartes de France et courbes pour comprendre l'évolution de l'épidémie

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Des cartes et courbes pour comprendre les chiffres du Covid-19 avant le discours de Macron. (Photo: Le HuffPost/Grégory Rozières)
Des cartes et courbes pour comprendre les chiffres du Covid-19 avant le discours de Macron. (Photo: Le HuffPost/Grégory Rozières)

SCIENCE - Le 28 octobre 2020, il y a un an, le président de la République annonçait un nouveau confinement en France pour endiguer la deuxième vague automnale de l’épidémie de Covid-19. Ce mardi 9 novembre à 20h, Emmanuel Macron va à nouveau faire un discours solennel alors que l’hiver s’installe et que le coronavirus circule de plus en plus vite. Mais si le détail des mesures n’est pas encore connu, il ne faut pas s’attendre à revivre le même choc qu’en 2020.

En effet, la situation en un an a bien changé, grâce notamment aux vaccins contre le Covid-19. Les hôpitaux sont encore loin d’être surchargés, les courbes encore relativement basses et les cartes pas entièrement rouges. Pour autant, les indicateurs de suivi de la circulation du coronavirus, du taux d’incidence au nombre d’hospitalisations, ne vont pas dans le bon sens. Et, cette épidémie nous l’a bien appris, plus on attend pour endiguer la multiplication des contaminations, plus le bilan sera lourd.

En attendant de savoir si le président va rendre la 3e dose obligatoire pour les personnes à risque qui veulent conserver leur pass sanitaire ou réimposer le masque à l’école sur l’ensemble du territoire, Le HuffPost vous propose faire le point sur l’état de l’épidémie de Covid-19 en France en cartes et en courbes, mises à jour automatiquement.

Un mois de hausse du taux d’incidence

Pour commencer, il faut rappeler que le nombre de cas quotidien de Covid-19 est en hausse continue depuis le 8 octobre, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous. Le taux de positivité est également en hausse, notamment depuis le 15 octobre, date à laquelle les tests PCR “de confort” sont devenus payants pour les non-vaccinés.

Signification des différents indicateurs

L’incidence augmente de 10% à 15% par semaine depuis la mi-octobre, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous. Les hospitalisations, comme souvent, suivent de près cette évolution, avec une hausse similaire qui a débuté -comme toujours depuis le début de l’épidémie- quelques jours plus tard.

Il faut pour autant noter que la situation est encore loin d’être catastrophique pour les hôpitaux, avec un taux d’occupation en réanimation de 22% sur l’ensemble du territoire. Le problème, c’est que cette année, avec le relâchement du respect des mesures barrière et le retour à une vie presque “normale”, hors pass sanitaire, les services de santé pourraient être confrontés à une triple vague de Covid-19, de grippe et de bronchiolite.

Carte du taux d’incidence par départements

Si l’on regarde l’évolution de l’épidémie de manière plus locale, on voit clairement que la tendance est à la hausse dans la quasi-totalité des départements métropolitains, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous.

Pour autant, la situation diffère fortement entre les territoires. Dans la Nièvre, par exemple, si l’incidence a augmenté de plus de 80% en une semaine, elle part de très bas, avec à peine plus de 20 cas pour 100.000 habitants en 7 jours. À l’inverse, le taux d’incidence est supérieur à 100 dans une dizaine de départements.

Les deux graphiques ci-dessous permettent d’analyser plus en détail la situation dans votre département.

Une hausse hospitalière encore limitée

Enfin, il faut noter que du côté des services hospitaliers, s’il y a une hausse claire des entrées depuis plusieurs semaines, l’occupation des hôpitaux reste limitée.

Ainsi, l’évolution du nombre de personnes hospitalisées pour Covid-19 (qui prend en compte les entrées et les sorties) augmente d’environ 3% par semaine depuis fin octobre. Les services de réanimation suivent une trajectoire similaire avec une hausse de 5% en moyenne.

Encore une fois, ces services ne sont pas encore saturés comme ce que l’on a pu connaître lors des premières vagues. Le risque, évidemment, c’est que les hôpitaux se remplissent si rien ne freine la circulation exponentielle du Sars-Cov 2.

Une vaccination très efficace, mais qui patine

Comment expliquer ce constat chiffré? Il faut déjà rappeler qu’il était prévisible. Dans les derniers scénarios de l’Institut Pasteur, publiés début octobre, l’un des plus optimistes estimait que sans relâchement des mesures en vigueur, le taux de reproduction du virus allait progressivement augmenter avec le refroidissement des températures, mais sans entraîner une forte vague d’hospitalisation. En revanche, un relâchement des mesures risquait d’entraîner un pic d’hospitalisation similaire aux premières vagues.

Une hausse maîtrisée de l’épidémie en plein hiver, avec des mesures limitées tel le pass sanitaire, n’est possible que grâce à la vaccination. Ainsi, l’Institut Pasteur donnait deux exemples concrets dans ses scénarios montrant son importance: “Si la protection contre le risque d’hospitalisation est réduite de 5% (90% au lieu de 95%), le pic des hospitalisations pourrait passer de 1200 à 2100 par jour. Si la vaccination réduit le risque d’infection de 80% au lieu de 60%, on ne s’attend pas à une reprise importante de l’épidémie.”

Et si la France a été bonne élève sur sa campagne vaccinale, elle est aujourd’hui au point mort, y compris sur les doses de rappel. Alors même que plusieursétudes montrent que sans 3e dose, notamment pour les plus âgés, l’efficacité des vaccins semble diminuer quelque peu avec le temps, surtout en ce qui concerne la protection contre l’infection. Le graphique suivant le montre bien:

Pour finir, il est important de rappeler que même si une baisse d’efficacité était confirmée, les vaccins restent notre meilleure arme face au Covid-19 et sont toujours très utiles. Les deux graphiques ci-dessous permettent de s’en rendre compte. Ils comparent le nombre de patients hospitalisés (à gauche) et en réanimation (à droite) pour un million de personnes chez les vaccinés et les non-vaccinés.

A gauche, le nombre d’entrées en hospitalisation conventionnelle pour un million de personnes de les 20 ans et plus selon le statut vaccinal. A droite,  le nombre d’entrées en soins critiques pour un million de personnes de 20 ans et plus selon le statut vaccinal. (Photo: Le HuffPost)
A gauche, le nombre d’entrées en hospitalisation conventionnelle pour un million de personnes de les 20 ans et plus selon le statut vaccinal. A droite, le nombre d’entrées en soins critiques pour un million de personnes de 20 ans et plus selon le statut vaccinal. (Photo: Le HuffPost)

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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