Covid-19: la campagne de vaccination débute au Liban avec les soignants pour l'exemple

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Au Liban, la campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus est lancée. Les 28 500 premières doses du vaccin Pfizer/BioNtech sont en ce moment distribuées dans les hôpitaux du pays avec l’espoir d’enfin freiner l’épidémie. Le personnel hospitalier était le premier ce dimanche 14 février à recevoir le vaccin. Une nécessité pour ces hommes et femmes en première ligne dans la lutte contre le Covid-19. Et une manière, aussi, de donner l’exemple, alors qu’une grande partie de la population libanaise dit ne pas vouloir se faire vacciner.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède

Sous une tente dressée devant l’hôpital Saint-Georges, médecins et infirmiers reçoivent leurs premières doses de vaccin devant des dizaines de journalistes et de caméras. L'opération de communication est assumée.

Pour le docteur Edgar Nasser, il s’agit avant tout de convaincre ses compatriotes de l’innocuité du vaccin. « Le message qu'on va laisser aux gens est : il faut se faire vacciner, déclare-t-il. On en a assez des histoires de complotisme, on en parle beaucoup stupidement. Il y a toutes sortes de théories et d'hypothèses qui n'ont pas de sens. J'ai confiance dans les études et dans les travaux qui ont été faits. Et puis on n'a pas d'autres choix, donc il faut y aller. »

Immunité collective attendue d'ici la fin de l'année

Pour l’instant, près de la moitié des Libanais sont toujours réticents à se faire vacciner contre le Covid-19, inquiets de possibles effets secondaires. Mais, selon le docteur Eid Azzar, infectiologue, c’est un risque à prendre. Comme il l'explique, « on ne peut pas utiliser le principe de précaution, ici. C'est une médecine de guerre maintenant, ce n'est pas une médecine normale. Dans une médecine normale, tu attends cinq ou sept ans pour finir toutes les études, mais tu ne peux pas le faire dans un état comme on l'est ici. On est déjà très avancés dans l'épidémie, c'est pourquoi moi, je vais le prendre. C'est un peu une expérimentation que toute la société doit faire parce qu'on n'a pas d'autre choix. »

D’après les prévisions, 60% de la population libanaise devrait être vaccinée à la fin de l’année. Un taux qui, selon les experts, permettrait d’atteindre l’immunité collective.

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