Covid-19: en Californie, les hôpitaux déjà débordés face à une aggravation de la pandémie

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Alors que la Californie avait été le premier État américain à imposer le confinement pour contrôler la pandémie de coronavirus, le nombre de cas y explose avec la deuxième vague actuelle. Les hôpitaux sont désormais au bord de la rupture, avec moins de 100 lits en réanimation disponibles à Los Angeles. Au total, 1,6 million de personnes contaminées et surtout près de 22 000 morts dans cet État de 40 millions d’habitants.

De notre correspondant à Los Angeles,

Au début du mois de décembre, le gouverneur de Californie Gavin Newsom avait annoncé des mesures de lutte contre la pandémie qui s’activeraient dès que le taux de lits disponibles en soins intensifs passerait en dessous de 15 %. Alors que le taux est inférieur à 2 % dans le sud de la Californie, le nombre des cas a augmenté de 129 % en deux semaines.

Dans le comté de Los Angeles, il reste désormais moins de 100 lits disponibles en soins intensifs, et aucun dans le comté voisin de Riverside. Autre chiffre effrayant présenté par le gouverneur cette semaine : le Golden State a commandé 5 000 nouveaux « body bag », des sacs pour les personnes décédées, ainsi que des camions réfrigérés pour garder les corps.

Selon le gouverneur, nous sommes « dans le moment le plus intense » de la pandémie : 295 morts ont été enregistrés ce mardi 15 décembre, un record depuis son début.

Six heures d’attente pour une ambulance, renvoi impossible vers d’autres hôpitaux

Alors qu’une loi fixe un quota de patients par infirmiers et infirmières en Californie, des dizaines d’hôpitaux ont demandé une dérogation pour faire face à l’afflux de patients. Des patients sont parfois laissés dans les couloirs, faute de place. Des services annulent des chirurgies. On bascule des malades ailleurs qu’en soins intensifs. Le quotidien Los Angeles Times a aussi parlé d’ambulances obligées d’attendre six heures avant de pouvoir déposer la personne qu’elles transportaient.

De plus, des hôpitaux de campagne commencent à apparaître, un peu comme après une catastrophe naturelle, mais en pire. Certains médecins expliquent qu’après un tremblement de terre, on peut envoyer des patients vers d’autres hôpitaux. Mais pas en ce moment : tous les établissements californiens sont débordés.

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Les effets de la vaccination vont prendre du temps

La campagne de vaccination contre le Covid-19, qui vient d’être lancée aux États-Unis, ne soulagera pas vraiment les services de santé. D’abord parce que elle concerne en priorité les personnels de santé, pour l’instant. La vaccination, par ailleurs, ne va pas ralentir la pandémie du jour au lendemain.

Deux facteurs expliquent la résurgence de cas en Californie : une certaine lassitude vis-à-vis des gestes barrières et du confinement, et puis la fête de Thanksgiving, avec ses rassemblements familiaux fin novembre.

Désormais, ce sont les fêtes de Noël qui arrivent. Comme l’a expliqué le ministre californien de la Santé, la situation actuelle des soins intensifs est déjà préoccupante, mais les autorités se préparent surtout à ce qui va se passer dans deux semaines. « Les chiffres vont être astronomiques. Des gens qui n’ont pas besoin de mourir vont mourir », prévient un autre responsable local de la santé.

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