Covid-19: Borne menace les patrons réfractaires au télétravail

Anthony Berthelier
·Journaliste au HuffPost
·3 min de lecture
Borne menace de sanction les entreprises réfractaires au télétravail (photo d'illustration prise le 26 octobre) (Photo: GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
Borne menace de sanction les entreprises réfractaires au télétravail (photo d'illustration prise le 26 octobre) (Photo: GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

POLITIQUE - Les ministres s’échinent à le répéter: quand il est possible, le télétravail est obligatoire. C’est ce qu’Élisabeth Borne a encore martelé ce mardi 3 novembre sur Europe 1, puis à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement.

“Pour les entreprises et les salariés, le télétravail n’est pas une option, surtout pas quand 416 de nos concitoyens sont décédés hier de la covid-19”, a expliqué la ministre du Travail au palais Bourbon, pour tordre le cou à une “contre-vérité”, selon ses mots. Et des sanctions pourraient être prises à l’encontre des patrons réfractaires.

Car malgré ce discours, de nombreuses entreprises semblent rechigner à recourir complètement au travail à distance, contrairement au premier confinement lors du printemps dernier. Outre les exemples donnés par les syndicats, chez LCL ou Dassault Aviation par exemple, les témoignages de salariés désabusés se multiplient dans la presse.

“La responsabilité des employeurs pourrait être engagée”

Pas de quoi alarmer toutefois pour Élisabeth Borne. La ministre a rappelé à l’Assemblée nationale que “le protocole a été mis en ligne jeudi soir dernier”, soit depuis cinq jours. “Laissons un minimum de temps aux entreprises pour s’organiser”, a-t-elle expliqué, évoquant une “semaine test” et des “retours déjà positifs.”

Mais l’ancienne patronne de la RATP a également pris soin de livrer une précision importante pour les jours à venir. “Pour ceux qui l’ignorent, le code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des salariés. À ce titre, et sur la base du protocole, la responsabilité des employeurs pourrait être engagée”, a-t-elle avancé, sans plus de détails.

Un peu plus tôt, la ministre du Travail évoquait de possible “sanctions” à l’encontre de certaines entreprises au terme d’une “enquête” menée ”à la fin de la semaine pour mesurer la façon dont les obligations ont été mises en œuvre.” “Effectivement, il peut aussi y avoir des sanctions”, répondait-elle sur Europe 1, à la question de savoir si le gouvernement allait “manier le bâton.”

Et à en croire les syndicats, Élisabeth Borne aura du pain sur la planche. Alors que les partenaires sociaux ont entamé, mardi, des discussions sur le télétravail, la négociatrice de la CFDT Catherine Pinchaut évoque auprès de l’AFP “de fortes remontées” venant d’entreprises réfractaires.

Le nouveau protocole “laisse libre court à de nombreuses interprétations”, déplore-t-elle, ajoutant: “c’est à l’appréciation pure de l’employeur, qui décide que le poste de monsieur ou madame Dupont est télétravaillable ou pas.”

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.