Covid-19: baisse de la mortalité en réanimation

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Selon les résultats d’une grande étude publiée mardi 3 novembre, près d’un malade du Covid-19 sur trois est décédé trois mois après leur passage en service de réanimation durant la première vague de la pandémie en France. Mais ce taux a évolué au cours de l’étude, passant de 42% à son début à 25% à sa fin.

La cohorte Covid-ICU, le service de réanimation des malades du Covid-19, a enrôlé plus de 4 200 adultes passés par les services de réanimation en France et en Belgique entre fin février et début mai 2020. Soit une mine d’informations dont les résultats sont publiés dans la revue Intensive Care Medicine.

Il en ressort principalement que si le taux de mortalité moyen après trois mois était de 31%, celui-ci a évolué au fur et à mesure de l’étude : 42% au début de la première vague, puis 25% à la fin.

Est-ce dû à une meilleure prise en charge des malades au fil du temps ? Le Pr. Djilalli Annane en doute. Il faut être très prudent avec ces chiffres-là, tempère en effet le chef du service de réanimation de l’hôpital AP-HP de Garches. Le nombre de décès par rapport au nombre de cas confirmés à l’échelle de la planète n’a pas baissé. Le virus continue de tuer autant. L’observation que la mortalité semble plus faible à la fin de la première vague qu’en début de vague est surtout liée à une modification du profil des patients. »

« Si on prend les formes graves, les patients meurent toujours autant aujourd’hui que le 9 mars, poursuit-il. C’est le même risque de décès. »

Une immunité solide, révèlent les dernières études

Enfin une bonne nouvelle ? Selon de nouvelles données publiées dans Science, l’immunité acquise après une infection par le Sars-CoV-2 serait solide. C’est un enjeu crucial : cette immunité conditionne la probabilité d’être ou non réinfecté et la durabilité de la protection conférée par les futurs vaccins.

Dans cette étude, les chercheurs ont analysé in vitro, cinq mois durant, des échantillons prélevés sur plus de 30 000 patients ayant développé une forme légère ou moyenne du Covid-19. Ils ont ainsi découvert que la majorité de ces malades possèdent toujours des anticorps et surtout que ceux-ci sont toujours neutralisants, donc efficaces plusieurs mois après une infection.

Pour voir si cette efficacité se prolonge, il faudra cependant attendre que plus de temps s’écoule. Les auteurs de l’étude vont continuer d’examiner leurs échantillons dans les mois qui viennent.

Surmortalité confirmée pour les personnes âgées

La revue spécialisée Healthy Longevity du Lancet a publié les résultats d’une équipe suédoise qui a étudié à Stockholm les causes de surmortalité par le Covid-19 chez les personnes de plus de 70 ans.

On y lit ainsi que cette surmortalité est due à plusieurs facteurs indépendants, comme le fait que ces personnes âgées vivent avec une autre en âge de travailler. Cela entraînerait une hausse de 60% de la mortalité liée au Covid-19. Plus important encore, cette surmortalité quadruple dans les maisons de soins. Les auteurs expliquent cela par la fragilité des personnes qui y vivent mais également par leur contact avec des soignants qui n’ont pas toujours reçu l’équipement de protection nécessaire.

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Hausse de mortalité avec l’usage de l’Anakinra, contre des dégâts inflammatoires

L’Anakinra est un médicament contre les dégâts inflammatoires provoqués par la réponse parfois excessive de notre système immunitaire face à une infection. Ce phénomène est justement l’une des composantes des formes graves du Covid-19. Aussi, des études ont été menées assez rapidement pour déterminer l’efficacité de l’Anakinra face au Covid-19.

En mai, des résultats préliminaires ont ainsi été obtenus, indiquant un effet bénéfique sur la mortalité. Ces résultats demandaient cependant à être confirmés par un essai clinique plus robuste, incluant notamment un groupe contrôle. C’est ce qui a été fait avec l’essai ANACONDA-COVID19.

Malheureusement, les résultats obtenus n’ont pas été ceux espérés, puisque l’essai a été interrompu avant même sa fin : ses promoteurs ont en effet constaté une hausse de la mortalité dans le groupe qui recevait de l’Anakinra par rapport à celui qui recevait un placebo.

Si l’espoir est déçu pour le traitement du Covid-19, l’Anakinra reste cependant toujours sûre et recommandée dans son usage habituel, comme le traitement des polyarthrites rhumatoïdes.

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