Covid-19: au Tchad, dans Ndjamena confinée, entre fatalisme et mécontentement

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Ndjamena, la capitale du Tchad, est en confinement depuis le 1er janvier et pour une semaine. Une mesure prise par les autorités pour faire face à la flambée de nouveaux cas de coronavirus. En plus de l’interdiction d’entrer et de sortir dans la ville, les Ndjaménois sont priés de rester chez eux. Hier samedi, premier jour de la mesure, les habitants de la capitale tchadienne ont cherché à s’adapter.

avec notre correspondant à Ndjamena, Madjiasra Nako

La ville s’est réveillée avec les images de longues files de bus arrivés dans la nuit aux portes de Ndjamena mais qui ont été bloqués conformément à la décision qui interdit entrée et sortie sur un rayon de vingt kilomètres autour de la capitale.

Si certaines échoppes étaient fermées en ce premier jour après le Nouvel an, beaucoup de commerces ont ouvert. Le décret n’interdit que les « activités non essentielles » et nombre de commerçants ignorent s'il s'applique à eux ou pas.

Pour ce commerçant qui essaye de sortir de plus de six mois d'inactivité, c’est le calvaire qui recommence. Nous devrons nous séparer d'environ 70% de nos employés, nous explique t-il, « en conséquence, ce sont 10 familles qui se retrouvent en situation de précarité ». Et comme ce confinement est renouvelable, il faudra procéder à de nouveaux licenciements, jusqu'à 95 % de ses employés, estime le commerçant. « C'est catastrophique, c'est terrible mais nous n'y pouvons rien... », regrette t-il.

Samedi après-midi, le ministre-secrétaire général de la présidence a fait de l’explication de texte indiquant « qu’il s’agit d’un confinement total de la ville ». Autrement dit, personne ne doit sortir de chez lui, sauf cas de force majeure ou pour se ravitailler.

Samedi en soirée, un impressionnant dispositif sécuritaire a été déployé partout dans la capitale pour obliger les retardataires à rentrer chez eux. Mais sur réseaux sociaux, la contestation, menée par des artistes, a commencé et enfle déjà.