Covid-19 : au retour de la mission de l’OMS à Wuhan, beaucoup de questions restent en suspens

Après des mois de négociation, l’Organisation Mondiale de la Santé a enfin pu envoyer des chercheurs internationaux en Chine. Ils y ont étudié l’origine du virus, en collaboration avec des scientifiques chinois. Une mission quasi impossible. “Ce n’est pas moi ou un autre membre de l’équipe qui trouveront la réponse, ce sont nos collègues chinois, c’est clair, et cela prendra peut-être six mois ou plus de 20 ans”, explique Fabian Leendertz, membre de l’équipe. Le départ en Chine avait d’abord été annulé au dernier moment, le 5 janvier dernier, officiellement pour des problèmes de Visa : mais la mission est en réalité très sensible pour Pékin. Des libertés restreintes Placée en quarantaine pendant deux semaines, l’équipe de l’OMS a pu ensuite se déplacer, toujours sous haute surveillance. Ils ont visité le marché de Wuhan, mais aussi l’institut de virologie. C’est ici que l’équipe a étudié une possible fuite du laboratoire ; un sujet très sensible. Au final, les spécialistes n’ont eu qu’un accès limité au laboratoire et n’ont pu consulter eux-mêmes les données. Dans les termes de leur mission, il est indiqué que les scientifiques de l’OMS doivent faire confiance aux études chinoises déjà réalisées, et la collaboration n’est pas toujours simple. Après un mois sur place, dont deux semaines bloquées à l’hôtel, les conclusions ont été publiées. La mission ne donne que peu d’éléments de réponse, et affirme par ailleurs “qu’une fuite de laboratoire est hautement improbable”. Une affirmation que la communauté internationale n’a pas acceptée. Le patron de l’OMS a, depuis, été obligé de revenir sur cette déclaration.