Covid-19 au Québec: le recrutement massif dans les maisons de retraite peine à convaincre

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Le bilan meurtrier du Covid-19 ne cesse de s’alourdir au Canada, et particulièrement au Québec, une des régions du monde où l’épidémie a fait des ravages parmi les personnes âgées. Il faut dire que le virus s’est répandu comme une traînée de poudre dès ce printemps parmi les résidents des maisons de retraite confrontées à un manque de personnel.

Avec notre correspondante à Montréal, Pascale Guéricolas

Conscient du manque d’effectif chronique dans les maisons de retraite, qui accueillent des résidents très âgées, le Premier ministre du Québec François Legault a lancé une opération sans précédent en mai. Son gouvernement recrute d’un coup 10 000 personnes pour nourrir, changer, laver, des patients en perte d’autonomie, et les payer 30% de plus que les employés actuels.

En quelques semaines, une formation se met en place et les premiers diplômés entrent en poste début septembre. D’un coup, les maisons de retraite voient leurs effectifs grimper de 26%.

Très encourageant sur papier, ce bilan doit cependant être nuancé. Plusieurs milliers de personnes ont quitté la formation en route, ou n’ont pas reçu leur diplôme. Et la vocation de certains n’a pas résisté au choc de la réalité, d’autant plus que les employés en place, moins payés que les petits nouveaux, ne les ont pas toujours accueillis à bras ouverts.

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Résultat des courses, plusieurs volontaires de la première heure sortent meurtris de cette aventure et endettés. L’entente avec le gouvernement prévoit en effet qu’il leur faut rembourser leurs allocations de formation d’environ 6 000 euros s’ils ne travaillent pas au moins un an auprès des personnes âgées.