Covid-19: Attal critique Hidalgo et l'appelle à la "responsabilité"

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Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal le 28 octobre 2020 à Paris

Covid-19: Attal critique Hidalgo et l'appelle à la "responsabilité"

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal le 28 octobre 2020 à Paris

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a critiqué mardi l'attitude de la maire (PS) de Paris et l'a appelé à faire preuve de "responsabilité" dans sa défense des commerces, au lendemain d'un courrier adressé par Anne Hidalgo à Emmanuel Macron dans lequel l'élue demande une nouvelle fois "la réouverture des librairies".

"150.000 Françaises et Français ont déjà signé la pétition pour la réouverture de nos librairies. En faisant de la connaissance une cause nationale, vous prouverez, aux yeux du monde, que l'exception culturelle française n'est pas devenue un concept abstrait mais demeure bien une réalité", écrivent Anne Hidalgo, l'Académicien Erik Orsenna, et le journaliste et producteur François Busnel, dans un courrier adressé lundi au chef de l'Etat et dont l'AFP a obtenu une copie.

"Pour travailler ensemble à la réouverture des librairies, conscients des précautions à respecter comme de l'importance de sauver la chaîne du livre, nous sollicitons une entrevue avec vous", ajoutent les trois personnalités.

Mardi matin, la charge est venue du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal: "J'échangeais hier avec des soignants d'hôpitaux parisiens, ils étaient pour la plupart abasourdis par l'attitude d'Anne Hidalgo ces derniers jours".

"On va atteindre aujourd'hui les 1.000 patients en réanimation dans les hôpitaux franciliens, qui sont en quasi-débordement, et on entend depuis quelques jours Mme Hidalgo se préoccuper de la question des commerces, dire: +Il faut tout rouvrir+", a-t-il ajouté sur BFMTV.

"Elle est aussi présidente de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris; qu'elle aille aussi tenir ce discours aux soignants qui se battent, qui sont débordés et qui ont peur de ne pas pouvoir accueillir tous les patients dans les jours qui viennent", lui a-t-il reproché. 

"Moi j'entends que des élus aient envie de défendre la vie économique de leur ville (...) mais il faut quand même je pense avoir un peu de responsabilité face à la situation", a-t-il conclu.

"On appelle à ce que le porte-parole soit recadré, et que chacun revienne à la raison", a réagi Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo, sur BFMTV. L'élu socialiste a jugé les mots de M. Attal "extrêmement désagréables à l'endroit d'Anne Hidalgo, des Parisiens, et indirectement, à l'endroit de tous les maires dans ce sujet de mise en cause" des décisions.

Au-delà des seules librairies, la fronde s'est amplifiée ces derniers jours chez les petits commerçants, contraints de fermer durant le confinement tandis que les grandes surfaces peuvent rester ouvertes, et chez des élus qui les soutiennent.

el-bat/jk/nm