Covid-19: un an après le jour où la France s'est figée

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C'était il y a un an jour pour jour. Le 17 mars 2020, la France vivait son premier confinement, une mesure sanitaire pour lutter contre la pandémie de coronavirus. Le 17 mars 2020, c’est aussi une date dont tout le monde se souvient avec une période qui a laissé des traces dans beaucoup de vies.

Tout commence le lundi 16 mars 2020, dans une allocution télévisée regardée par 35 millions de personnes, Emmanuel Macron déclare la France « en guerre ». À six reprises, le président de la République utilise cette même expression avec un ton martial, regard face caméra. Il est précisément 20 heures et 5 minutes quand le chef de l'Etat annonce la mise en place d'un confinement pour le lendemain. Le bilan est alors de 127 morts dus au Covid-19 et 5 423 cas sont confirmés en France.

Et si tout le monde se souvient de cet instant où la France a été confinée, certains n’en gardent qu’un souvenir vague. C’est le cas du professeur Bruno Megarbane, chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris : « Nous avions la tête sous l’eau ! C’était une période remarquable par le nombre de patients aux urgences et en réanimation, se remémore-t-il. Nous faisons face à une nouvelle maladie, nous avions été surpris par la gravité des patients. Nous avions de réelles raisons d’avoir peur de ce virus. » Et si les hôpitaux sont surchargés, paradoxalement, les rues du pays se vident, tout comme les rayons dans les supermarchés : c'est la ruée sur les produits de première nécessité.

Du travail à la maison…

Pour sortir de chez soi, il faut avoir un motif et remplir une attestation de déplacement. Par la force des choses, le télétravail est mis en place pour des millions de salariés. « Ca courait partout dans les bureaux, c’était vraiment comme un grand déménagement », s’amuse Emmanuel Bonte, un Lillois confiné à son domicile. « Certains prenaient même leur tour d’ordinateur car à l’époque il n’y avait pas d’ordinateurs portables pour tout le monde ! Je me rappelle même d’une personne qui mettait sa chaise de bureau dans son coffre de voiture ! » , lâche le jeune homme dans un sourire. Au bout de ce premier jour de télétravail, il fait le point : « On peut s’imaginer que les premières heures de télétravail, c’est moi tout seul chez moi, devant un écran à ne pas savoir quoi faire, mais c’est tout l’inverse ! On est la tête dans le guidon, sans s’arrêter et sans se rendre compte que l’on travaille depuis plusieurs heures déjà ! »

Si certains ont fait le choix de rester chez eux pendant ce confinement pour télétravailler, d’autres ont préféré partir à la campagne quand ils en avaient la possibilité. D’après la plateforme « Paris, je te quitte », un habitant sur cinq de la région parisienne s’est réfugié en province. « On a décidé de se mettre au vert », affirme Alexandre. « On est finalement restés sur place pendant tout le confinement avec les enfants et avec du travail. C’était un peu comme des vacances bizarres ! On savait qu’on était là mais pas pour combien de temps ! », sourit ce père de famille confiné dans le Jura. Un confinement « au vert » qui leur a fait prendre une décision : ils ont quitté la capitale pour venir y vivre définitivement.

À l’école à la maison !

Douze millions d’élèves sont confinés avec leurs parents ! Pour les professeurs, c’est le saut dans l’inconnu. Pour Laurent Pierrat, professeur de physique-chimie dans un collège de Normandie, le premier jour du confinement a été synonyme d’inquiétudes : « Il a fallu trouver du matériel informatique pour tous les élèves, les contacter pour travailler en distanciel… Je n’étais pas vraiment préparé à ça », se souvient-il. « Avec trois enfants à la maison qu’il fallait gérer, préparer mes cours, faire l’école aux enfants, il a fallu faire face et ce n’était pas évident », conclut-il. Pour les parents, la situation est similaire, surtout pour Emilie qui attendait un bébé, elle en était à son huitième mois de grossesse. « Le choc le plus important a été la fermeture des écoles. Mon aîné allait devoir rester 24h/24 avec nous, en plus de l’attente de l’accouchement. Au final, les choses se sont très bien passées », se satisfait-elle. Néanmoins, elle a dû accoucher seule courant avril : son mari l’a déposée à la maternité et l’a retrouvée quelques jours plus tard, avec le nouveau-né !

Le confinement en France aura duré 55 jours (du 17 mars 2020 au 10 mai 2020), et beaucoup ont pris une habitude. Pour se revoir, s’apercevoir ou se soutenir, les Français se sont donnés rendez-vous tous les soirs, à vingt heures, pour applaudir et soutenir le personnel médical mobilisé en première ligne.