Covid-19 et 5G : à l'origine d'une campagne de désinformation

Par Sophie Marineau*, The Conversation France
Selon Stéphanie Carvin, professeure à l’université de Carleton (Canada), les Russes feraient actuellement la promotion de deux théories selon lesquelles le virus du Covid-19 aurait été créé en laboratoire par les Américains; la pandémie servant à couvrir les effets néfastes des nouvelles tours 5G...

Pourquoi les Russes sont-ils accusés de fake news au sujet du coronavirus sur les réseaux sociaux ? Une chercheuse se penche sur cette question.


La désinformation consiste à profiter de la liberté d'expression pour propager de fausses informations, et cela selon certains principes précis, définis ainsi par les chercheurs de la RAND Corporation, Christopher Paul et Miriam Matthews : la rapidité, la continuité, la fluidité. Une manière efficace de propager l'information souhaitée est de contrôler, manuellement ou par ordinateur, de nombreux comptes sur divers médias sociaux. Les comptes de ce type, appelés bots, se trouvent par millions sur nos réseaux sociaux et sont les principaux véhicules de la désinformation à grande échelle.

Pour être percutante, la fausse information doit se propager rapidement, avant la mise en ligne d'informations véridiques et vérifiables. La vérité n'est pas un facteur déterminant, même si la majorité des nouvelles de propagande contiennent une part de vérité. La sociologue diplômée de Harvard Kathleen M. Carley soutient qu'une fausse nouvelle voyage six fois plus rapidement sur les médias sociaux qu'une vraie. Parallèlement, Christopher Paul et Miriam Matthews démontrent que les sources multiples sont plus convaincantes qu'une source unique, et que la fréquence à laquelle on reçoit cette information est primordiale.

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Par conséquent, le nombre importe. Sur les réseaux sociaux, les comptes gérés par la Russie doivent être proactifs, c'est-à-dire qu'ils doivent publier abondamment, partager, commenter et relayer des informations similaires en les accompagnant de vidéos YouTube et d'images présentées comme autant de preuves. Si une publication est partagée, retweetée, aimée ou commentée par un nombre conséquent d'autres comptes, elle semble plus fiable et plus véridique qu'une publication ayant donné lieu à peu d'interactions.

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