Covid-19: qui étaient les manifestants contre le vaccin et le pass sanitaire qui ont défilé samedi?

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Des manifestants à Paris, le 17 juillet 2021 - Bertrand GUAY / AFP
Des manifestants à Paris, le 17 juillet 2021 - Bertrand GUAY / AFP

114.000 personnes en France dont 18.000 à Paris. Ce samedi, plusieurs manifestations étaient organisées à travers le pays afin de contester les dernières annonces d'Emmanuel Macron, dont l'imposition de la vaccination aux soignants ainsi que l'extension du pass sanitaire dans de nombreux lieux de vie dont les bars et restaurants.

Philippot, Dupont-Aignan, la présidentielle en vue

Unis autour d'un même slogan, celui de la "liberté", les manifestants venaient d'horizons assez différents. Le rendez-vous parisien, organisé par l'ex-FN et chef de file du mouvement "Les Patriotes" Florian Philippot, est parti du Palais-Royal aux alentours de 14h30 en présence de Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la dernière présidentielle.

Debout sur le toit d'une camionnette, Éric Richermoz, ex-FN et bras droit de Florian Philippot, lance les slogans "libertés, libertés, libertés", "non au pass sanitaire" ou "Macron démission", ponctués de tubes de la variété française.

"Ce n’est pas simplement se réunir, il faut que ça aboutisse à des décisions concrètes. C’est le début de quelque chose d’extrêmement fort dans la résistance", estime Florian Philippot au micro de BFMTV.

Juste avant, la députée controversée Martine Wonner, ex-LaREM, s'était emportée contre la "dictature" et la "ségrégation" du pass sanitaire, avant de conseiller aux manifestants d'aller "faire le siège des parlementaires, allez envahir leurs permanences pour dire que vous n'êtes pas d'accord".

A la suite de ces propos, le patron des députés LaREM, Christophe Castaner, a demandé la saisine de la justice et d'éventuelles suites pénales sont à prévoir.

Gilets jaunes et "guillotine sociale"

En tête de cortège, aux côtés de ce dernier, une galaxie d'égéries des covidosceptiques. Le chanteur Francis Lalanne est acclamé quand il rejoint la manifestation du côté de la rue de l'Université. Mêmes applaudissements pour l'avocat Fabrice di Vizio, devenu héros des antivaccins avec ses doutes sur "la balance bénéfices-risques" de la vaccination.

Également présents, des gilets jaunes, dont la médiatique Jacline Mouraud, tout devant pour protester contre "la guillotine sociale" du pass sanitaire.

"Ca va au-delà d’un mouvement comme celui des gilets jaunes. Ca rassemble tout le monde, la liberté rassemble, et elle mobilise car ça organise la résistance", explique-t-elle à notre micro.

Le gilet jaune tourangeau Jean-Christophe voit une "continuité" entre les deux mouvements. Agent de tri pour une plateforme logistique, il ne se fera "pas vacciner, sauf si j'y suis obligé pour travailler".

Citoyens inquiets

Parmi les manifestants présents, de nombreux citoyens inquiets, sans réelle appartenance politique. "Les gens qui sont vaccinés ont fait un choix libre, et nous aujourd’hui on n’a pas ce choix-là, cette liberté-là", estime l'un d'entre eux. "Il va y avoir des discriminations, les vaccinés d’un côté, les non-vaccinés de l’autre", prophétise une seconde.

Dans le rassemblement parisien, de nombreux restaurateurs qui s'inquiètent également de l'impact du pass sanitaire sur leur profession.

"Moi je ne suis pas flic, il est hors de question qu’on impose des gens, je prends le risque de me fâcher, on s’est pris la tête avec le masque, je vais prendre le risque de me prendre des claques dans la tronche? Ce n’est pas mon métier", s'inquiète-t-elle.

Anonyme, une femme, qui ne veut pas dévoiler ses "nombreuses étiquettes politiques", proteste d'abord contre "la vaccination des enfants" à partir de douze ans. "Ils ne sont pas malades, pourquoi nos libertés sont bafouées?".

"Les enfants ne sont pas des rats de laboratoire", peut-on lire sur une pancarte un peu plus loin. Les slogans "Macron en prison" ou "Olivier Variant" fusent, avec une série de huées contre le ministre de la Santé Olivier Véran.

Quelle réponse de l'exécutif?

Du côté de l'exécutif, on se prépare à l'examen ce mercredi du projet de loi qui devrait définitivement entériner les mesures proposées par Emmanuel Macron lundi passé. En ce qui concerne ces manifestations, le gouvernement estime que ce rassemblement ne pèse pas lourd face aux nouvelles inscriptions à la vaccination, 4 millions ces derniers jours.

"Avec ces manifestations, le virus peut compter ses troupes. Je fais la part des choses, il y a une frange capricieuse et défaitiste, très minoritaire, qui se satisfait bien de rester dans le chaos", estimait le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal ce samedi dans les colonnes du Parisien.

Particulièrement pris pour cible par l'exécutif, les manifestants qui dans les différents cortèges ont tenté le rapprochement entre la situation actuelle et celle d'une dictature. C'est le cas d'Alain, la cinquantaine, présent au rendez-vous parisien, qui abordait un T-Shirt contre "l'apartheid" entre vaccinés et non vaccinés.

Le même visuel détourne l'étoile jaune imposée aux juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, en mentionnant cette fois ce qu'il appelle la "ségrégation" contre les "sans vaccins". "C'est volontairement choquant, pour faire réagir", dit-il.

Or, les différentes "références" à la Shoah, dont l'utilisation de cette étoile jaune mais aussi du terme "pass nazitaire" a profondément marqué une partie de l'opinion publique mais aussi le gouvernement, qui souhaite diaboliser cette frange des manifestants.

Plus tôt dans la semaine, sur notre antenne, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili avait condamné les excès de plusieurs manifestations et qualifié "d'abjectes" ces comparaisons avec la Shoah.

Article original publié sur BFMTV.com

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